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Manoir de la Bouverie à Mardilly dans l'Orne

Patrimoine classé
Demeure seigneuriale
Manoir

Manoir de la Bouverie

    La Bouverie
    61230 Mardilly
Propriété privée
Crédit photo : Ikmo-ned - Sous licence Creative Commons

Frise chronologique

Antiquité
Haut Moyen Âge
Moyen Âge central
Bas Moyen Âge
Renaissance
Temps modernes
Révolution/Empire
XIXe siècle
Époque contemporaine
0
100
1600
1700
1800
1900
2000
1793 (an II)
Vente comme bien national
Début XVIIe siècle (vers 1600-1604)
Construction du manoir
1622
Vente à Marquis Périer
9 octobre 1968
Classement monument historique
1973
Restauration par la famille Dangelzer
2019
Nouvelle ouverture au public
Aujourd'hui
Aujourd'hui

Patrimoine classé

Façades et toitures (cad. D 105) : inscription par arrêté du 9 octobre 1968

Personnages clés

Martin de Rupierre - Seigneur de Mardilly et constructeur Commanditaire du manoir, partisan de la Ligue.
Marquis Périer - Premier propriétaire non-Rupierre (1622) Écuyer acquéreur après la vente forcée.
François Brière - Acquéreur révolutionnaire (1793) Curé des Astelles, achète le bien national.
René François Pottier - Sauveur du manoir (XXe siècle) Restaure le logis inoccupé depuis 1877.
Famille Dangelzer - Propriétaire restaurateur (1973) Travaux de conservation des toitures.

Origine et histoire

Le manoir de la Bouverie, situé à Mardilly dans l’Orne, remplace au début du XVIIe siècle une ancienne place forte appartenant à la famille de Rupierre, établie dans la région depuis le XIIIe siècle. Martin de Rupierre, seigneur de Mardilly et partisan de la Ligue, entreprend sa construction entre 1590 et 1604, s’inspirant des grandes demeures rencontrées lors de ses voyages. Le corps de logis, achevé sous Henri IV, se distingue par ses quatre tourelles d’angle en encorbellement, ses façades rythmé par des briques rosées et des pierres de grès ocre (« roussier »), ainsi que par des lucarnes à frontons triangulaires. Malgré une dot importante de son épouse Catherine de Hudebert, Rupierre doit aliéner une partie de ses terres pour financer les travaux, avant de vendre le manoir en 1622 à Marquis Périer, écuyer.

À la Révolution, le manoir — alors appelé château de Mardilly — est confisqué comme bien national et vendu en 1793 sous le nom de manoir de la Bouverie, après avoir été rattaché à une ferme voisine. Adjugé à François Brière, curé des Astelles, pour 158 000 livres, il passe ensuite entre les mains de plusieurs familles (Fressonnel, Rault, Godet) avant d’être sauvé de la ruine au XXe siècle. En 1918, Joseph Michel Pottier l’acquiert pour 41 000 francs ; son frère René et sa belle-sœur Marie Grandin y restaurent le logis, inoccupé depuis 1877. La famille Dangelzer, propriétaire à partir de 1973, mène d’importants travaux, notamment sur les toits, avant que le manoir ne soit racheté en 2019 par un nouveau propriétaire, qui rouvre partiellement le site au public.

Architecturalement, le manoir illustre les canons du début du XVIIe siècle : symétrie parfaite, fenêtres à linteaux droits et allèges à écoinçons, porte principale à fronton interrompu, et comble d’ardoises percé de lucarnes. La façade arrière, sobre et tournée vers la vallée de la Touques, conserve des vestiges de douves, tandis qu’un puits intérieur rappelle son origine défensive. Le domaine comprenait autrefois des dépendances (grange, lavoir, boulangerie), dont certaines ont disparu. Classé monument historique en 1968 pour ses façades et toitures, le manoir mêle aujourd’hui héritage seigneurial et histoire rurale normande.

La famille de Rupierre, liée au manoir pendant des siècles, incarne les turbulences de l’histoire locale : engagements divergents pendant la guerre de Cent Ans, soutien à la Ligue catholique, et alliances avec la noblesse normande (comme les Hudebert ou les Périer). Après la Révolution, le manoir perd son statut aristocratique pour devenir une exploitation agricole, avant que des restaurations successives ne lui rendent son prestige. Son nom actuel, la Bouverie, provient de la ferme à laquelle il fut rattaché en 1793, marquant son passage d’un symbole de pouvoir à un patrimoine rural préservé.

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