Frise chronologique
Début XVIe siècle
Construction initiale
Construction initiale
Début XVIe siècle (≈ 1604)
Premier quart du XVIe siècle, dépendant du prieuré.
1636
Acquisition par Roland Tardif
Acquisition par Roland Tardif
1636 (≈ 1636)
Achat à un certain Clémenceau, bâtiments inachevés.
Fin XVIe siècle
Rénovations
Rénovations
Fin XVIe siècle (≈ 1695)
Modifications architecturales en fin de siècle.
6 mai 1927
Inscription aux monuments historiques
Inscription aux monuments historiques
6 mai 1927 (≈ 1927)
Protection de la porte et des façades.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
La porte d'entrée et les façades sur la cour (cad. AO 145) : inscription par arrêté du 6 mai 1927
Personnages clés
| Roland Tardif - Propriétaire en 1636 |
Acquiert le manoir et ses dépendances inachevées. |
| Jehan Dreux - Propriétaire au XVIIIe siècle |
Héritier ou acheteur après Tardif. |
| François Mangot - Conseiller du roi |
Propriétaire, rôle dans la grande chancellerie. |
| Augustin Pierre Quirit de Coulaine - Propriétaire au début XIXe |
Possède le manoir avant 1824. |
| Denis du Moustier - Dernier propriétaire connu (1824-1830) |
Période de possession documentée. |
Origine et histoire
Le manoir de la Courtinière, situé à Beaumont-en-Véron (Indre-et-Loire), est une ancienne ferme dépendant du prieuré de la commune. Daté du premier quart du XVIe siècle, il a été remanié à la fin de ce même siècle. Il conserve aujourd’hui un portail d’entrée surmonté d’une galerie, vestige probable d’un chemin de ronde, ainsi que des façades ornées de pilastres et de motifs sculptés. Ces éléments, caractéristiques de la Renaissance, pourraient être les restes d’un ensemble plus vaste démoli ou d’une construction inachevée.
Au nord-est de la cour subsistent les ruines d’une chapelle, témoignant de son origine religieuse. Le manoir a changé de propriétaires à plusieurs reprises : acquis en 1636 par Roland Tardif, il passe ensuite à Jehan Dreux au XVIIIe siècle, puis à François Mangot, conseiller du roi, avant d’être détenu par Augustin Pierre Quirit de Coulaine et Denis du Moustier entre 1824 et 1830. Ses éléments les plus remarquables (porte d’entrée et façades) ont été inscrits aux monuments historiques le 6 mai 1927.
Selon les archives, le manoir comprenait à l’origine des bâtiments agricoles (grange, pressoir, pigeonnier), un jardin clos de murs et des toits à bêtes, typiques des fermes tourangelles de l’époque. Un acte de saisie de 1636, conservé au château de Coulaine, mentionne ces aménagements inachevés. Le site illustre ainsi l’évolution des domaines ruraux entre Moyen Âge et Renaissance, mêlant fonctions agricoles, religieuses et résidentielles.
Les décors sculptés des façades, combinant pilastres et motifs ornés, reflètent l’influence des styles architecturaux de la Renaissance en Touraine. Leur état fragmentaire interroge sur l’histoire du chantier : abandon précoce ou destruction partielle. La chapelle, bien que ruinée, confirme le lien étroit entre le manoir et le prieuré de Beaumont-en-Véron, institution religieuse majeure dans la région.
L’inscription aux monuments historiques en 1927 a permis de préserver ces vestiges, aujourd’hui étudiés pour leur valeur patrimoniale et leur représentation des fermes seigneuriales du XVIe siècle. Les recherches, comme celles de Frédérique Guilbaud (2004), soulignent son rôle dans l’histoire rurale et architecturale de la Touraine.