Frise chronologique
1531
Fondation de la chapelle
Fondation de la chapelle
1531 (≈ 1531)
Chapelle Saint-Antoine de Padoue fondée par Antoine de la Coutardière.
1577
Mariage de Marie de la Coutardière
Mariage de Marie de la Coutardière
1577 (≈ 1577)
Apport en dot à René de Martigné.
1607
Vente à René Leclerc
Vente à René Leclerc
1607 (≈ 1607)
Acquis pour 8 000 livres par un maître d’hôtel.
1714
Vente aux Visitandines d’Angers
Vente aux Visitandines d’Angers
1714 (≈ 1714)
Acquis pour 45 000 livres avec terres et fiefs.
1791
Vente comme bien national
Vente comme bien national
1791 (≈ 1791)
Confisqué pendant la Révolution française.
1988
Rachat par les Chambourdon
Rachat par les Chambourdon
1988 (≈ 1988)
Fin de l’exploitation agricole, début de la restauration.
2004
Inscription aux Monuments Historiques
Inscription aux Monuments Historiques
2004 (≈ 2004)
Protection des logis, chapelle et dépendances.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Les éléments suivants composant le manoir (cf plan annexé à l'arrêté) : l'essentiel des bâtis sur cour (les logis, la chapelle avec ses peintures murales, les dépendances et le portail) , en totalité ; les façades et toitures du bâtiment sud-ouest, largement reconstruit au XIXe siècle (cad. B 41) : inscription par arrêté du 23 février 2004
Personnages clés
| Antoine de la Coutardière - Seigneur et fondateur |
Fonda la chapelle en 1531. |
| Marie de la Coutardière - Héritière |
Apporta le manoir en dot en 1577. |
| René Leclerc - Acquéreur en 1607 |
Maître d’hôtel du comte de Montauban. |
| Thomas Dobrée - Ancien propriétaire indirect |
Armateur nantais, collectionneur (1781–1828). |
| Daniel Chambourdon - Propriétaire depuis 1988 |
Entreprit la restauration du manoir. |
Origine et histoire
Le manoir de la Coutardière, situé à Brissarthe (Maine-et-Loire), est un rare exemple d’architecture angevine des XVe, XVIe et XVIIe siècles. Classé partiellement en 1926 puis inscrit en 2004, il se distingue par sa cour carrée, sa chapelle du XVe siècle dédiée à saint Antoine de Padoue, et ses cheminées monumentales. Dominant la vallée de la Sarthe, il illustre l’évolution des styles à travers ses logis successifs : un vieux logis du XVe siècle, un corps principal des XVIe–XVIIe siècles, et une chapelle ornée de peintures murales aujourd’hui partiellement effacées.
La Coutardière était une seigneurie majeure relevant de Villechien, détenue par la famille éponyme jusqu’à la fin du XVIe siècle. En 1577, Marie de la Coutardière l’apporte en dot à René de Martigné, avant d’être vendue en 1607 à René Leclerc, maître d’hôtel du comte de Montauban. Par alliances successives (famille Gaudicher, puis Charles de Clandieu), le domaine passe aux religieuses de la Visitation d’Angers en 1714 pour 45 000 livres, incluant terres, fiefs et droits seigneuriaux. Confisqué comme bien national en 1791, il devient une ferme au XIXe siècle, subissant des transformations avant sa restauration à partir de 1989.
La chapelle, fondée en 1531 par Antoine de la Coutardière, abritait des peintures murales représentant les douze apôtres et saint Christophe, aujourd’hui à peine visibles sous un badigeon. Le domaine, qui employait une quinzaine de personnes au début du XXe siècle, fut acquis en 1988 par Daniel Chambourdon, mettant fin à son usage agricole. Les propriétaires actuels ont entrepris sa restauration, révélant des éléments architecturaux remarquables comme les lucarnes à frontons sculptés ou les cheminées anciennes.
Classé à l’Inventaire Supplémentaire des Monuments Historiques en 1926 pour sa cour, sa chapelle et ses cheminées, le manoir est inscrit en totalité (à l’exception du bâtiment sud-ouest) depuis 2004. Son histoire reflète les mutations sociales de l’Anjou, des seigneurs locaux aux congrégations religieuses, en passant par son rôle agricole sous la Révolution. Les archives mentionnent des conflits autour de la chapelle, dont le revenu chuta de 2 000 à 10 livres entre 1725 et 1783, en raison de taxes et de réparations négligées.
Le site conserve des traces de son passé seigneurial, comme le droit de justice foncière exercé par les religieuses, ou le dernier censif dressé en 1764. Son acquisition par Thomas Dobrée (1781–1828), armateur nantais et collectionneur fondateur du musée Dobrée, lie brièvement son histoire à celle de Nantes. Aujourd’hui, le manoir allie patrimoine architectural et mémoire locale, témoignant de sept siècles d’histoire angevine.