Manoir de la Guyonnière à Saint-Jean-des-Bois dans l'Orne
Patrimoine classéDemeure seigneurialeManoir
Manoir de la Guyonnière
La Guionnière
61800 Saint-Jean-des-Bois
Propriété privée
Propriété privée - Fermée à la visite
Frise chronologique
Temps modernes
Révolution/Empire
XIXe siècle
Époque contemporaine
1700
1800
1900
2000
XVIIe siècle
Construction du manoir
Construction du manoir XVIIe siècle (≈ 1750)
Édification du manoir de la Guyonnière, demeure à caractère défensif.
1793-1800
Période de la chouannerie
Période de la chouannerie 1793-1800 (≈ 1797)
Le manoir sert de quartier général à Louis de Frotté et de refuge à Michelot Moulin.
1979
Inscription aux Monuments historiques
Inscription aux Monuments historiques 1979 (≈ 1979)
Le manoir est inscrit au titre des Monuments historiques.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Façades et toitures ; escalier intérieur ; menuiseries anciennes ; trois cheminées (cad. B 377) : inscription par arrêté du 25 juin 1979
Personnages clés
Louis de Frotté
Chef chouan ayant établi son quartier général au manoir.
Michelot Moulin
Fondateur de la chouannerie normande, réfugié au manoir après une blessure.
Origine et histoire du Manoir de la Guyonnière
Le manoir de la Guyonnière, situé à Saint-Jean-des-Bois (commune de Tinchebray-Bocage, Orne) en limite du département de la Manche, est une demeure à caractère défensif datée du XVIIe siècle et inscrite aux Monuments historiques. Il constitue un haut lieu de la chouannerie normande. Le bocage environnant fut, entre 1793 et le Consulat, le théâtre d'une guérilla sporadique et impitoyable, distincte du reste de la Normandie, et bénéficiant de l'appui d'une large part des populations rurales. Cette insurrection locale s'identifie aux autres résistances au régime révolutionnaire en Vendée, Anjou, Maine et Bretagne, et le danger politique qu'elle représentait prit fin avec l'assassinat de Louis de Frotté. À Saint-Jean-des-Bois, Michelot Moulin, fils d'un taillandier aisé, est à l'origine de la chouannerie normande : réquisitionné pour rejoindre les forces républicaines, il obtint par ruse des armes, déserta, entra dans la clandestinité et forma les premières bandes de réfractaires. Il organisa des compagnies, creusa des souterrains et désarma des patriotes à Landisacq, Chanu et Saint-Cornier-des-Landes. Louis de Frotté, contraint d'abandonner le château de Flers, établit son quartier général dans la forêt de Saint-Jean-des-Bois, au manoir de la Guyonnière, en lisière du bois, et Michelot Moulin y trouva refuge pendant plusieurs mois lorsqu'il fut blessé. Le manoir est une construction carrée et trapue en granite, au caractère résolument défensif. Des bouches à feu subsistent dans les contre-marches de l'escalier. À l'intérieur, l'escalier droit en granite taillé, adossé à un mur d'échiffre, occupe le centre de la maison ; de chaque côté se répartissent de grandes pièces à chaque niveau. Les sols et les planchers ont disparu, tandis que toutes les menuiseries des portes sont d'époque. Le manoir de la Guyonnière est inscrit au titre des Monuments historiques en 1979.