Origine et histoire du Manoir de la Masselinée
Le manoir de la Masselinée, aussi appelé manoir des Samsons, est un édifice du XVe siècle situé à Saint-Martin-de-Mailloc, dans le Calvados. Construit principalement en pans de bois, il s’inscrit dans un plan rectangulaire et se distingue par sa toiture à deux versants ornée de deux grandes lucarnes. Ce monument, typique de l’architecture médiévale normande, a été inscrit aux Monuments historiques le 26 décembre 1928 pour ses façades et toitures.
Le fief de la Masselinaie appartenait initialement à la famille Mailloc. Vers 1430, Marie de Mailloc, veuve de Jean de Tournebu, vendit le domaine à Pierre Cauchon, alors évêque de Lisieux. Ce dernier en fit don à la cathédrale de Lisieux en 1441, marquant ainsi son lien avec l’Église locale. Le manoir, agrandi à plusieurs reprises, conserve des traces de ces transformations architecturales.
Le logis central, entièrement en colombages, date du XVe siècle et présente des particularités comme des portes jumelées et un encorbellement sur sommiers. Deux campagnes d’agrandissement ultérieures, aux dates indéterminées, ajoutèrent des ailes en pierre et colombages, dont l’une présente un pignon en encorbellement aux sommiers obliques. Autour du logis, des dépendances (grange, pressoir, écurie) complètent l’ensemble, témoignant de son usage seigneurial et agricole.
Situé sur le flanc ouest d’un coteau dominant la vallée de l’Orbiquet, le manoir s’intègre dans le paysage du pays d’Auge, à environ 1 km au nord-ouest de l’église Saint-Martin. Son emplacement stratégique et son architecture en font un exemple remarquable du patrimoine rural normand, préservé malgré les siècles.
Les éléments protégés depuis 1928 — façades et toitures — soulignent la valeur historique et esthétique du site. Bien que certaines périodes de construction restent floues, le manoir de la Masselinée incarne l’héritage médiéval de la Normandie, entre pouvoir ecclésiastique et vie seigneuriale.
Aujourd’hui, le manoir reste un témoignage architectural majeur, associé à des figures comme Pierre Cauchon, dont le rôle dans l’histoire locale et religieuse a marqué son destin. Les dépendances environnantes rappellent aussi son fonctionnement passé, entre exploitation agricole et résidence noble.