Origine et histoire du Manoir de la Motte
Le manoir de la Motte, situé à Saint-Mards-de-Fresne (Eure, Normandie), date du 4e quart du XVe siècle. Il s’agit d’une maison-forte caractéristique de la fin du Moyen Âge, combinant fonctions résidentielles, agricoles et défensives. Le logis principal, orienté est-ouest, présente une structure en pan de bois avec encorbellement, colombage en grille, et un toit à deux pans couvert de tuiles plates. Deux tours rondes aux angles, partiellement arasées, et des canonnières à double ébrasement dans les parties basses témoignent de son origine défensive. À l’intérieur, les cheminées adossées et l’escalier en vis confirment une organisation en logis simple à deux pièces par niveau, typique de l’époque.
Le manoir était à l’origine intégré à un ensemble rectangulaire avec deux logis se faisant face, séparés par une cour centrale. La partie sud a disparu avant le XVIIIe siècle, ne laissant subsister que le logis nord, remanié en 1743-1744 (reprise en brique, façade sud en pan de bois). Une tour carrée hors-œuvre abritait un escalier en vis desservant une galerie, transformée ultérieurement en couloir. Les dépendances (grange, étable, écurie) ont conservé leur caractère initial, bien que le pressoir du XVIIe siècle ait disparu dans les années 1990.
Historiquement, la seigneurie de la Motte appartenait à l’abbaye de Sainte-Barbe-en-Auge au XIIe siècle, avant de passer à la famille Bréard au XVIIe siècle, bien que ces seigneurs n’y aient probablement jamais résidé. Le manoir, possession seigneuriale et exploitation agricole, partage des similitudes architecturales avec celui de Saint-Gilles-de-Livet (même période), notamment par ses motifs sculptés et sa structure en encorbellement. Classé Monument Historique en 2004, il illustre l’évolution des maisons-fortes normandes entre Moyen Âge et époque moderne.
Le site, initialement castral (XIe-XIIe siècles), fut reconstruit après 1496 en pierre calcaire et brique. Les éléments défensifs (canonnières, tours) reflètent les tensions de la fin du XVe siècle, tandis que les aménagements des XVIIIe et XXe siècles (escalier central en bois, restaurations) marquent son adaptation aux usages agricoles et résidentiels. Aujourd’hui, le manoir, son logis et son assiette foncière sont protégés, offrant un témoignage rare de l’architecture seigneuriale augère.