Frise chronologique
1308
Don royal à Jean de la Taille
Don royal à Jean de la Taille
1308 (≈ 1308)
Philippe le Bel cède le domaine.
vers 1450
Reconstruction par Martin de la Taille
Reconstruction par Martin de la Taille
vers 1450 (≈ 1450)
Après destruction pendant la guerre de Cent Ans.
1617
Vente hors de la famille
Vente hors de la famille
1617 (≈ 1617)
Acquis par Jacques de Guéribaldès.
XVIe siècle
Transformations par Jean de la Taille
Transformations par Jean de la Taille
XVIe siècle (≈ 1650)
Ajout du châtelet et tours carrées.
XIXe siècle
Incendie et transformation en ferme
Incendie et transformation en ferme
XIXe siècle (≈ 1865)
Destruction du logis central.
1974
Classement monument historique
Classement monument historique
1974 (≈ 1974)
Inscription des façades et toitures.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Façades et toitures du manoir proprement dit (à l'exclusion des dépendances) (cad. AB 61) : inscription par arrêté du 4 février 1974
Personnages clés
| Jean de la Taille (?-1314) - Grand maître des eaux et forêts |
Premier propriétaire connu, don de Philippe le Bel. |
| Martin de la Taille (1408-1488) - Seigneur de Bondaroy |
Reconstructeur du château après 1450. |
| Jean de la Taille (1533-1608) - Poète et dramaturge |
Modernise le châtelet au XVIe siècle. |
| Auguste Denis Fougeroux de Bondaroy (1732-1789) - Botaniste |
Propriétaire au XVIIIe siècle. |
| Roland de la Taille - Entrepreneur et descendant |
Rachète et restaure partiellement en 1977. |
Origine et histoire
Le manoir de la Taille, aussi appelé château de Bondaroy, est un édifice fortifié construit entre le XIVe et le XVIe siècle à Bondaroy, dans le Loiret. À l’origine inclus dans le domaine royal, il est donné en 1308 par Philippe le Bel à Jean de la Taille, grand maître des eaux et forêts. Détruit pendant la guerre de Cent Ans, il est reconstruit vers 1450 par Martin de la Taille, seigneur du lieu, sous la forme d’une enceinte avec tourelles et logis central. Le site servait à protéger les récoltes des pillards, rôle crucial dans la Beauce agricole.
Au XVIe siècle, Jean de la Taille, poète et dramaturge, modernise le châtelet d’entrée et ajoute des bâtiments flanqués de tours carrées. Le manoir devient un refuge protestant pendant les guerres de Religion. Vendu en 1617, il passe entre les mains de plusieurs familles (Guéribaldès, Poisson, du Hamel, Fougeroux de Bondaroy). Un incendie au XIXe siècle détruit le logis central, ne laissant que la façade ouest et les tours. Transformé en ferme, il tombe en ruine avant d’être partiellement restauré en 1977 par Roland de la Taille, un descendant.
L’architecture actuelle mêle des vestiges du XIIIe siècle (une tourelle), des éléments du XVIe siècle (façade ouest, tours carrées) et des bâtiments agricoles des XIXe-XXe siècles. Le manoir illustre l’évolution des forteresses médiévales en résidences seigneuriales, puis en exploitations rurales. Classé monument historique en 1974 pour ses façades et toitures, il se visite aujourd’hui et accueille occasionnellement des événements.
Situé dans l’ancienne province de l’Orléanais, le manoir est un exemple typique des manoirs fortifiés de la région de Pithiviers. Son histoire reflète les bouleversements politiques et religieux de la France, de la guerre de Cent Ans aux conflits entre catholiques et protestants. Les vestiges de la basse-cour et des meurtrières rappellent son rôle défensif, tandis que les transformations ultérieures témoignent de son adaptation aux besoins agricoles de la Beauce.
Parmi les propriétaires marquants, Martin de la Taille (1408-1488) reconstruit le château après sa destruction par les Anglais. Son descendant, Jean de la Taille (1533-1608), y ajoute des éléments Renaissance. Le botaniste Auguste Denis Fougeroux de Bondaroy (1732-1789), propriétaire au XVIIIe siècle, est associé à l’histoire scientifique du domaine. Aujourd’hui, le manoir reste un symbole du patrimoine local, entre mémoire seigneuriale et héritage rural.