Frise chronologique
1380
Construction de la tour escalier
Construction de la tour escalier
1380 (≈ 1380)
Partie la plus ancienne du manoir.
vers 1440
Construction du logis principal
Construction du logis principal
vers 1440 (≈ 1440)
Pour la famille de Carné.
1638
Vente aux Rogier
Vente aux Rogier
1638 (≈ 1638)
Devenu dépendance de Crévy.
1994
Début des travaux de restauration
Début des travaux de restauration
1994 (≈ 1994)
Projet global sur l’ensemble.
26 mai 1997
Inscription aux Monuments Historiques
Inscription aux Monuments Historiques
26 mai 1997 (≈ 1997)
Logis, communs et métairie protégés.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
La totalité du logis, ainsi que les façades et toitures des communs et la métairie (cad. ZH 211) : inscription par arrêté du 26 mai 1997
Personnages clés
| Famille de Carné - Propriétaires initiaux (XVe–XVIIe siècles) |
Fondateurs du manoir et donateurs du nom. |
| Rolland de Carné - Seigneur cité en 1427 |
Propriétaire lors de la réformation. |
| Tristan de Carné - Chevalier propriétaire en 1513 |
Dernier Carné mentionné avant 1601. |
| Famille Rogier - Propriétaires (1638–Rvolution) |
Transforment le manoir en métairie. |
| Gabriel de Provostaye - Acquéreur en 1812 |
Propriétaire post-Restauration. |
| Eugène de Poulpiquet - Propriétaire en 1816 |
Successeur de Provostaye. |
Origine et histoire
Le manoir de la Touche-Carné, situé dans le Morbihan sur la commune déléguée du Roc-Saint-André (Val d'Oust), trouve ses origines au XVe siècle. La tour escalier polygonale, construite en 1380, est la partie la plus ancienne. Elle desservait initialement une aile disparue, puis le logis principal bâti vers 1440 pour la famille de Carné, qui donna son nom au domaine. Le terme touche, courant en toponymie bretonne, désigne un taillis ou un petit bois.
Le manoir resta propriété des Carné jusqu’au XVIIe siècle, avant d’être vendu en 1638 aux Rogier, seigneurs de Crévy (La Chapelle-Caro). Il perdit alors son statut de manoir pour devenir une métairie dépendante du château de Crévy. Confisqué pendant la Révolution comme bien national, il fut restitué aux Rogier à la Restauration, puis changea plusieurs fois de mains, notamment entre Gabriel de Provostaye (1812), Eugène de Poulpiquet (1816) et le Vicomte de Pontbriand. Au XXe siècle, transformé en ferme (ferme de la Cour), il abritait même une cabine téléphonique pour le hameau.
Depuis son rachat en 1994, le manoir a bénéficié d’une restauration majeure, notamment pour la métairie incendiée pendant la Révolution. Le 26 mai 1997, le logis principal, les façades et toitures des communs et de la métairie furent inscrits à l’inventaire supplémentaire des monuments historiques. L’ensemble, organisé autour d’une cour rectangulaire, comprend un logis seigneurial avec salle de justice au rez-de-chaussée, des communs du XVe siècle, et une étable du XIXe siècle. La métairie, ajoutée à la fin du XVe ou au début du XVIe siècle, abritait un four à pain et un puits.
Architecturalement, le logis principal présente un plan en équerre avec une tour d’escalier polygonale, caractéristique des constructions de la première moitié du XVe siècle. Les salles hautes sous combles, éclairées par des lucarnes, disparurent au XVIIe siècle lors d’une réfection de la charpente. Le manoir, toujours propriété privée, s’ouvre au public lors des Journées européennes du Patrimoine. Son histoire est documentée dans des ouvrages comme celui de Claude Lefèvre (2013) et les dossiers de l’Inventaire général de Bretagne.