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Manoir de la Tuderrière à Apremont en Vendée

Patrimoine classé Demeure seigneuriale Manoir

Manoir de la Tuderrière

  • Route de la Tuderrière
  • 85220 Apremont
Crédit photo : Evan4341 - Sous licence Creative Commons
Propriété privée
85220 Apremont, Route de la Tuderrière

Frise chronologique

Bas Moyen Âge
Renaissance
Temps modernes
Révolution/Empire
XIXe siècle
Époque contemporaine
1400
1500
1600
1700
1800
1900
2000
1390–1414
Construction du logis-porche
1530
Consécration de la chapelle
1584
Arrivée de Claude Dreux
1793
Condamnation du prêtre Durand
1984
Première protection MH
2016
Extension de la protection MH
Aujourd'hui
Aujourd'hui

Patrimoine classé

La façade et la toiture sur cour du corps de logis principal (cad. C 106) : inscription par arrêté du 8 octobre 1984 - Les façades et toitures du logis principal (ou logis d'habitation) du manoir, consistant en deux ailes articulées autour d'un corps carré inclusivement, ainsi que les façades et toitures du logis-porche avec les éléments de charpente bordelaise qui y sont conservés (cad. C 105, 106) : inscription par arrêté du 15 septembre 2016

Personnages clés

Claude Dreux - Gestionnaire du domaine Modernise le manoir fin XVIe siècle.
Gilbert de La Trémoille - Seigneur d’Apremont Propriétaire en 1584, installe Dreux.
Jean Charles Durand de La Tuderrière - Prêtre réfractaire Condamné en 1793 pendant la Révolution.
Boris Racaud - Propriétaire restaurateur Prix Mercure 2018 pour travaux.
Léopold Surville - Notaire et maire Propriétaire en 1830, calvaire commémoratif.

Origine et histoire du Manoir de la Tuderrière

Le manoir de la Tuderrière, situé à Apremont en Vendée, est un rare exemple d’architecture civile médiévale remaniée à la Renaissance. Perché sur une falaise de schiste, il conserve des éléments défensifs (fossés, remparts) et des aménagements domestiques (cheminées, latrines, chapelle) datant des XVe et XVIe siècles. Son histoire est marquée par des transformations stylistiques, notamment l’ajout d’un fronton Renaissance et de baies à meneaux à la fin du XVIe siècle.

Les origines du site remontent à l’époque gallo-romaine, avec des traces archéologiques attestées. Citée dès le XIe siècle comme forteresse, la Tuderrière appartient aux Quayrault (famille noble détentrice de terres en Vendée) jusqu’au XVIe siècle. En 1584, Gilbert de La Trémoille, seigneur d’Apremont, y installe Claude Dreux, qui entreprend des travaux pour moderniser le logis selon les canons renaissants. La propriété passe ensuite aux Durand (bourgeois anoblis), qui l’occupent jusqu’à la Révolution.

La chapelle, consacrée en 1530, joue un rôle religieux majeur jusqu’à la Guerre de Vendée, période durant laquelle son propriétaire, le prêtre réfractaire Jean Charles Durand, est condamné à mort en 1793. Le manoir, utilisé comme colonie de vacances puis exploitation agricole après 1945, est restauré entre 2010 et 2020 par Sonia Ceran et Boris Racaud. Leurs travaux, primés (Prix Mercure 2018), révèlent une charpente datée de 1590 et des éléments médiévaux (latrines, cheminées) confirmés par dendrochronologie (1390–1414).

Classé Monument Historique en 1984 et 2016, le manoir se distingue par son plan rectangulaire à deux ailes, son logis-porche médiéval (charpente bordelaise, têtes sculptées) et ses symboles énigmatiques (croix templières, motifs maçonniques). Les études récentes soulignent son caractère unique en Pays de la Loire : un ensemble civil médiéval complet, malgré des zones d’ombre sur sa conception initiale et son fonctionnement.

Pendant la Seconde Guerre mondiale, le site abrite des maquisards. Au XIXe siècle, il appartient à Léopold Surville, notaire et maire de La Roche-sur-Yon, dont un calvaire commémoratif subsiste. Les propriétaires successifs (Martin Decamp, Ruchaud, Strong) réalisent des rénovations sommaires avant sa restauration actuelle, qui restitue vitraux, enduits et structures d’origine.

Les analyses scientifiques (datation C14, relevés architecturaux) ont permis de dater précisément la construction du logis-porche (fin XIVe–début XVe siècle) et de confirmer sa restauration vers 1400. Le manoir, entouré de cours fermées, d’une fontaine voûtée et d’une caverne, illustre l’évolution des logis vendéens, entre héritage féodal et adaptations renaissantes.

Liens externes

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