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Manoir de la Ville-aux-Veneurs à Trévé en Côtes-d'Armor

Patrimoine classé Demeure seigneuriale Manoir

Manoir de la Ville-aux-Veneurs

    Manoir de la Ville-aux-Veneurs22600 Trévé
Propriété privée
Manoir de la Ville-aux-Veneurs
Manoir de la Ville-aux-Veneurs
Manoir de la Ville-aux-Veneurs
Manoir de la Ville-aux-Veneurs
Manoir de la Ville-aux-Veneurs
Manoir de la Ville-aux-Veneurs
Manoir de la Ville-aux-Veneurs
Manoir de la Ville-aux-Veneurs
Manoir de la Ville-aux-Veneurs
Manoir de la Ville-aux-Veneurs
Crédit photo : Quoique - Sous licence Creative Commons

Frise chronologique

Temps modernes
Révolution/Empire
XIXe siècle
Époque contemporaine
1800
1900
2000
1761-1763
Construction du manoir
1772-1793
Archives commerciales de Pierre-Anne Moizan
1790
Pierre-Anne Moizan devient maire
7 octobre 1975
Classement monument historique
années 1990
Fin de la propriété familiale
2021
État de dégradation
Aujourd'hui
Aujourd'hui

Patrimoine classé

Façades et toitures du manoir et des deux pavillons Sud-Est et Sud-Ouest ; escalier avec sa rampe en bois ; salle à manger et grand salon avec leur décor (cad. D 566) : inscription par arrêté du 7 octobre 1975

Personnages clés

Sébastien Moizan (1705-1779) - Fondateur et commanditaire Avocat et marchand de toile, constructeur du manoir.
Pierre-Anne Moizan (1740-1817) - Héritier et premier maire de Trévé Agrandit le manoir, développe le commerce toilier.
Ange-Marie Moizan - Propriétaire et second maire Fils de Pierre-Anne, hérite du manoir en déclin.
André Oheix (1882-1915) - Historien résident Descendant, spécialiste de la Bretagne.
Jean-Auguste-Marie Oheix - Médecin et gendre Époux de Jeanne-Marie Moizan, héritière.

Origine et histoire du Manoir de la Ville-aux-Veneurs

Le manoir de la Ville-aux-Veneurs est édifié entre 1761 et 1763 pour Sébastien Moizan (1705-1779), ancien avocat au parlement de Bretagne devenu marchand de toile. Ce dernier, également administrateur des biens de la famille de Cornulier, fait construire le corps principal et le pigeonnier. Son activité économique, centrée sur le commerce des toiles, reflète l'importance de cette industrie en Bretagne centrale au XVIIIe siècle, avec des réseaux de blanchisseurs répartis dans plusieurs paroisses locales comme Saint-Caradec ou Hémonstoir.

Le fils de Sébastien, Pierre-Anne Moizan (1740-1817), reprend l’activité familiale et agrandit le manoir en ajoutant l’aile est. Il devient le premier maire de Trévé en 1790, marquant l’ancrage politique de la famille dans la région. Ses archives, couvrant 1772 à 1793, révèlent une production massive de toiles (1 640 balles en 20 ans), blanchies par des artisans locaux avant exportation via Saint-Malo. Ce système économique, basé sur la sous-traitance et la saisonnalité, illustre les défis logistiques et financiers des marchands de l’époque.

Au XIXe siècle, le manoir passe à Ange-Marie Moizan, fils de Pierre-Anne, puis à sa fille Jeanne-Marie, épouse du médecin Jean-Auguste-Marie Oheix. Leur descendant, l’historien André Oheix (1882-1915), y réside avant que la propriété ne reste dans la famille Guillon jusqu’aux années 1990. Le manoir, protégé depuis 1975 pour ses façades, toitures, et décors intérieurs (escalier en bois, salons), incarne l’héritage architectural et social de l’aristocratie marchande bretonne. Son état actuel, après des décennies d’abandon, contraste avec sa richesse historique.

La toponymie du lieu, Ville-aux-Veneurs, évoque une origine liée à la chasse (veneur désignant un chasseur), tandis que le terme ville renvoie ici à une ferme ou maison de campagne, typique des domaines ruraux bretons. Le manoir, construit en calcaire et granit, se distingue par son toit à croupe orné de lucarnes et d’un lignolet en ardoise représentant des scènes équestres, aujourd’hui disparu. Son plan allongé, avec un corps central et deux pavillons, s’inspire des manoirs des XVe–XVIe siècles, adaptés aux besoins résidentiels du XVIIIe siècle.

Classé monument historique en 1975, le manoir illustre aussi le déclin de l’industrie toilière bretonne, déjà amorcé lors de la transmission à Ange-Marie Moizan. Les archives familiales, étudiées par des historiens comme Yann Lagadec, éclairent les réseaux commerciaux et les stratégies économiques des Moizan, tout en soulignant le rôle des élites locales dans la gestion des territoires ruraux. Aujourd’hui propriété privée, le manoir fait l’objet de travaux de restauration, bien que certains éléments décoratifs originaux, comme le lignolet, aient été perdus.

Liens externes

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