Frise chronologique
1541
Aveu féodal de Jeanne du Chastel
Aveu féodal de Jeanne du Chastel
1541 (≈ 1541)
Lesmadec inclus dans le fief de Prat ar Stang.
XVe siècle
Construction initiale
Construction initiale
XVe siècle (≈ 1550)
Édification majeure du manoir et du logis.
vers 1580
Construction du pigeonnier
Construction du pigeonnier
vers 1580 (≈ 1580)
Édifié par Louise de Lesmadec et Jehan de Corfmao.
1675
Acquisition par Gilles Le Forestier
Acquisition par Gilles Le Forestier
1675 (≈ 1675)
Vente par licitation à une famille bourgeoise.
1812
Vente après décès de Jean François Yves
Vente après décès de Jean François Yves
1812 (≈ 1812)
Adjudication à un spéculateur brestois.
1828
Modernisation du logis
Modernisation du logis
1828 (≈ 1828)
Ajout d'une toiture à quatre rampants.
8 octobre 1968
Inscription aux Monuments Historiques
Inscription aux Monuments Historiques
8 octobre 1968 (≈ 1968)
Portail, pigeonnier et escalier protégés.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Ensemble formé par le portail d'entrée, le pigeonnier le surmontant et l'escalier (cad. C 415) : inscription par arrêté du 8 octobre 1968
Personnages clés
| Jeanne du Chastel - Épouse d'Alain II de Rosmadec |
Déclare Lesmadec dans son fief en 1541. |
| Louise de Lesmadec - Épouse de Jehan de Corfmao |
Commanditaire du pigeonnier vers 1580. |
| Gilles Le Forestier de la Noé - Avocat et capitaine garde-côtes |
Acquiert le manoir en 1675. |
| Théodore Le Hars - Sénateur-maire de Quimper |
Famille modernisant le manoir en 1828. |
| Louis Le Guennec - Historien et dessinateur |
Étudie le manoir en 1921 (archives Finistère). |
| Jacques Quéinnec - Notaire, député puis sénateur |
Acquiert le domaine en 1937. |
Origine et histoire
Le manoir de Lesmadec, situé à Peumérit dans le sud-ouest du Finistère (Cornouaille), est un édifice emblématique dont la construction remonte principalement au XVe siècle. Il suit un plan en U ouvert au sud sur un jardin d'agrément datant du XVIIe siècle. Le portail oriental, monumental, est surmonté d'un colombier circulaire à plan voûté en croisée d'ogives, tandis que le logis principal conserve des pignons à chevronnières et des cornières sculptées d'animaux fantastiques. À l'arrière, un escalier en pierre et un pavillon carré complètent l'ensemble, dont les bâtiments de ferme ont été remaniés au XIXe siècle.
La première mention historique notable date de 1541, lorsque Jeanne du Chastel, épouse d'Alain II de Rosmadec, déclare le manoir comme dépendant de son fief de Prat ar Stang. En 1580, Louise de Lesmadec, épouse de Jehan de Corfmao, fait édifier le pigeonnier sur porche, orné de leur écu. Le domaine change de mains en 1675, acquis par Gilles Le Forestier de la Noé, avocat et capitaine garde-côtes, dont la famille s'anoblit progressivement. Après plusieurs transmissions, le manoir est modernisé en 1828 par les ancêtres de Théodore Le Hars, sénateur-maire de Quimper, qui lui donnent son apparence actuelle.
En 1921, Louis Le Guennec étudie le manoir et réalise des croquis, bien que ses observations, non publiées, aient conduit à des erreurs d'interprétation, notamment sur la datation des remaniements du logis. Ces modifications, initialement attribuées au XVIIIe siècle, ont en réalité eu lieu postérieurement à 1812, comme le confirment les inventaires de l'époque et les rapports des Bâtiments de France. Aujourd'hui, le manoir reste une propriété privée appartenant à la famille Evrard, avec une partie de ses éléments (portail, colombier, escalier) inscrits aux Monuments Historiques depuis 1968.
Le manoir illustre l'évolution architecturale et sociale de la Bretagne, passant des mains de familles nobles comme les Rosmadec à des bourgeois anoblis comme les Le Forestier. Son pigeonnier, symbole de prestige seigneurial, et ses décors sculptés reflètent le statut de ses propriétaires successifs. Les remaniements des XVIIIe et XIXe siècles témoignent des adaptations aux modes de vie et aux goûts esthétiques, tout en préservant des éléments médiévaux caractéristiques.
Les archives mentionnent également des anecdotes familiales marquantes, comme le mariage en 1815 de Delphine Charlotte Le Coq Duparc, veuve à 25 ans, avec l'apprenti jardinier du manoir, un scandale pour l'époque. Ces récits humains ajoutent une dimension sociale à l'histoire architecturale du lieu, soulignant son rôle central dans la vie locale depuis plus de cinq siècles.