Origine et histoire du Manoir de Lézurec
Le manoir de Lézurec, situé à Primelin en Bretagne, est un exemple typique des manoirs fortifiés bretons des XVe et XVIe siècles. Ses bâtiments, disposés en U autour d’une cour close, intègrent des éléments défensifs comme des meurtrières et une galerie démontable au-dessus du portail. Le logis principal, en pierre de taille, arbore une porte moulurée flanquée d’oculus et un blason des Du Menez avec la devise « PAX OPTIMA RERUM ». Les ailes est et ouest, en moellons, présentent des baies moulurées et des écussons. Deux puits circulaires, dont un disparu au XXe siècle, complètent l’ensemble.
La chapelle Sainte-Marguerite, datée de 1626, se distingue par son chevet arrondi orné d’une statue de la sainte terrassant un dragon, encadré de deux fenêtres. Son clocheton, partiellement démoli, et son bénitier en coquille Saint-Jacques reflètent l’art religieux de l’époque. Le colombier, isolé à 150 mètres, avec ses murs épais et ses nichoirs en quinconce, témoigne de l’importance économique du domaine. Ces éléments, typiques des seigneuries bretonnes, étaient à la fois symboles de pouvoir et outils de gestion agricole.
Le manoir appartint du XIVe siècle à la Révolution à la famille Du Menez. Alain du Menez, « gouverneur d’Audierne et capitaine garde côte du Cap-Sizun » au début du XVIIe siècle, est à l’origine du corps principal du logis, tandis que le portail et une partie du bâtiment datent de la seconde moitié du XVIe siècle. Au XIXe siècle, le domaine, transformé en ferme, abritait des bâtiments agricoles (grange, écurie, étable) aujourd’hui disparus ou modifiés. Un moulin à vent, détruit à la fin du XXe siècle, marquait autrefois l’entrée sud.
Classé Monument Historique en 1932 pour ses façades et toitures, le manoir fut restauré dans la seconde moitié du XXe siècle après une période de dégradation. Un hôtelier londonien l’acquit vers 1990, y ajoutant des équipements touristiques (piscine, court de tennis) et modifiant partiellement les volumes. Malgré ces transformations, le manoir conserve son caractère historique, illustrant l’évolution des seigneuries bretonnes en exploitations agricoles, puis en résidences contemporaines.
Les photographies anciennes révèlent des disparitions progressives : un bâtiment reliant l’aile ouest à la chapelle, un pavillon nord, et un poulailler en chaume contre le mur sud. Ces vestiges, combinés aux éléments préservés comme le colombier ou les écussons, offrent un aperçu de la vie seigneuriale et paysanne en Cap-Sizun, entre défense, culte et exploitation des terres.