Origine et histoire
Le manoir de Locmaria, situé au lieu-dit de Locmaria sur la commune de Carnoët (Côtes-d’Armor), est un monument historique inscrit en 2019 avec ses dépendances. Il appartenait à la fin du XIVe siècle à Jan Le Cerff et Catherine du Ménez, puis passa par héritage et mariages aux familles du Bois, de Lémo, de Cleuz du Gage et de Kerouarz. Vendu comme bien national sous la Révolution, il fut racheté en 2008 par Olivier Thomas, qui entreprit sa restauration complète en utilisant exclusivement des techniques artisanales traditionnelles.
Les fouilles archéologiques ont révélé des objets datant du paléolithique (outils en pierre, perles) ainsi que des artefacts des XVe et XVIe siècles (poteries, verres, balles d’armes à feu). Le site inclut aussi des vestiges antérieurs : un vallum gaulois, une stèle gauloise, une fontaine-lavoir romaine, et une motte féodale à proximité. La chapelle Notre-Dame de Locmaria, aujourd’hui disparue, était liée au manoir, dont les seigneurs en étaient les fondateurs.
Architecturalement, le manoir forme un ensemble complet typique du Centre-Bretagne, avec logis seigneurial, grange, écurie, poulailler, étable et deux cours (haute et basse) closes par des murailles. Le portail monumental, le puits ancien et l’appareillage en schiste, grès et granite témoignent de son importance historique. Les travaux de restauration, toujours en cours, visent à préserver son authenticité, comme en attestent les articles de presse locaux et les distinctions reçues (médaille d’or VMF en 2015).
Le site est également marqué par des éléments patrimoniaux environnants, tels que le moulin de Locmaria (aujourd’hui moulin du Poulmic) et un calvaire réimplanté devant la chapelle de Pénity. Une étude historique détaillée a été publiée dans le Kaier ar Poher, revue du centre de généalogie et d’histoire du Poher, consolidant sa valeur documentaire.
Olivier Thomas, propriétaire actuel, a été salué pour son engagement dans la sauvegarde du patrimoine, comme en témoignent les nombreux articles de presse entre 2013 et 2019. Le manoir, ouvert occasionnellement au public, illustre à la fois l’histoire féodale bretonne et les défis contemporains de la restauration patrimoniale.
Les éléments protégés par l’inscription de 2019 incluent le logis, les dépendances, les sols des cours et des anciens jardins, soulignant l’importance de préserver cet ensemble dans son intégralité. Les découvertes archéologiques et les vestiges environnants (stèle gauloise, fontaine romaine) en font un site multidimensionnel, allant de la Préhistoire à l’époque moderne.