Origine et histoire du Manoir de Maupertus
Le manoir de Maupertus, construit aux XVe et XVIe siècles, fut édifié par la famille de Pirou. Il représente un exemple typique des demeures seigneuriales de style Henri IV-Louis XIII, avec ses pavillons en saillie, ses fenêtres à meneaux et ses cheminées Renaissance. À l’intérieur, une cheminée du XVIe siècle en calcaire, ornée de feuillages et d’animaux, témoigne du raffinement de l’époque. Les communs et une chapelle, ajoutés au XVIIe siècle, complètent l’ensemble, accessible par un double porche.
Au XVIIe siècle, la famille des Jallot de Gonneville agrandit le manoir. François-Antoine de Longaulnay, gouverneur de Carentan et héritier du domaine, n’y séjourna qu’une fois en 1678. Le manoir resta occupé par des fermiers jusqu’au XIXe siècle. En 1840, Antoine-Constantin de Longaulnay en hérita, puis sa fille, Marie-Barbe, le vendit en 1887 à Madame Veuve Antoine Berteil, marquant la fin de la possession familiale.
Le manoir est partiellement inscrit aux monuments historiques depuis 1978, protégeant ses façades, toitures, le puits de la cour et trois cheminées remarquables. Son architecture austère, marquée par des ouvertures fonctionnelles, contraste avec la richesse des décors intérieurs. La chapelle et les communs, ainsi que le puits central, soulignent son importance historique dans le Cotentin.
Situé à 200 mètres de l’église Saint-Martin de Maupertus-sur-Mer, le manoir incarne l’évolution architecturale et sociale de la Normandie, des guerres de Religion à la Révolution industrielle. Son état actuel reflète les transformations successives, notamment au XIXe siècle, tout en conservant des éléments médiévaux et Renaissance.
Les sources historiques, comme les travaux d’Edmond Thin ou la base Mérimée, confirment son rôle dans le patrimoine local. Le manoir, bien que partiellement modifié, reste un témoignage des modes de vie des élites rurales normandes, entre gestion agricole et représentation sociale.