Origine et histoire du Manoir de Menguionnet
Le manoir de Menguionnet, aussi orthographié Minguionnet, Mengeonet ou Menguyonet selon les époques, est un édifice médiéval construit entre 1460 et 1480 à Gourin, dans le Morbihan. Ce petit manoir seigneurial, propriété de la famille de Kergoet dès 1300 et jusqu’au XVIIe siècle, se distingue par son architecture préservée : un corps de logis rectangulaire, une aile en retour d’équerre, et une tour d’escalier polygonale, symbole de prestige. Bien que les dépendances (moulin, chapelle, colombier) aient disparu, le calvaire marquant l’entrée subsiste, témoignant de son importance historique.
En 1993, le manoir, à l’abandon et menacé de démontage, fut sauvé par son acquisition par Philbert Hémery. Ce dernier entreprit sa restauration en 1998 en utilisant exclusivement des techniques traditionnelles, évitant ainsi une destruction irréversible. Les fouilles archéologiques révélèrent des artefacts des XVe, XVIe et XVIIe siècles (verres, poteries, vitraux, clefs), enrichissant la connaissance de la vie quotidienne de l’époque. Le site, inscrit aux Monuments historiques en 1999, s’ouvre au public lors des Journées du patrimoine, avec une participation aux frais de restauration sollicitée.
Architecturalement, le logis en granite et schiste, entouré autrefois de communs et d’une muraille, illustre le style des demeures nobles bretonnes de la fin du Moyen Âge. La façade antérieure, ornée d’une tour d’escalier, et le pigeonnier à boulins (partiellement détruit au XXe siècle) soulignent son statut social. À proximité, l’allée couverte de Minguionnet ajoute une dimension préhistorique au site, créant un dialogue entre les époques. Aujourd’hui, le manoir reste un chantier de restauration permanent, symbolisant la préservation active du patrimoine rural breton.
La chapelle du manoir, mentionnée dans les sources mais aujourd’hui détruite, ainsi que les parties agricoles ajoutées au XIXe siècle, rappellent les transformations successives du domaine. Le calvaire, toujours debout, et les éléments intérieurs conservés (cheminées, armoires murales, charpente) offrent un aperçu authentique de la vie seigneuriale en Bretagne à la Renaissance. L’inscription aux Monuments historiques en 1999 a permis de protéger cet ensemble rare, tout en le rendant accessible pour des visites éducatives et participatives.