Origine et histoire du Manoir de Penmarc'h
Le manoir de Penmarc'h, situé à Saint-Frégant dans le Finistère, est une gentilhommière bretonne datant du XVIe siècle, bien que certaines parties, comme la tour isolée, semblent remonter au XVe siècle. Le corps de logis principal, de style gothique, présente des fenêtres à meneaux cruciformes, des lucarnes ornées de pinacles, et une porte à arc surbaissé. Une inscription de 1546 sur l’entrée pourrait indiquer une restauration plutôt qu’une date de construction initiale, suggérant une origine plus ancienne, peut-être au XVe siècle. La tour circulaire, couronnée de mâchicoulis, abrite une salle avec une cheminée Renaissance, tandis que le donjon carré en saillie ajoute à l’architecture défensive du site.
Le manoir fut édifié par la famille de Penmarc’h, l’une des plus anciennes et nobles du Léon, mentionnée dès 1426 et érigée en seigneurie de bannière par la reine Anne de Bretagne en 1502. La lignée, remontant à Alain I (décédé en 1350), compta des figures marquantes comme Henri II, 1er baron de Penmarc’h (1414–1465), ou Christophe de Penmarc’h, évêque de Dol puis de Saint-Brieuc. La famille s’éteignit en 1804 avec Louis François, 10e et dernier baron. Le manoir, décrit comme « très mutilé » en 1844 mais autrefois en bel état, fut classé monument historique en 1932. Propriété privée, il ne se visite pas.
Architecturalement, le manoir allie des éléments défensifs (tour ronde à machicoulis, donjon) et résidentiels (lucarnes ouvragées, cheminée Renaissance). Le Chevalier de Fréminville, en 1844, évoquait un corps-de-logis flanqué de deux ailes percées de nombreuses fenêtres, ainsi qu’un pavillon carré surmonté d’une tourelle pour la guaîte. La tour isolée, de plan circulaire, et le beffroi de la tour ronde témoignent de l’importance stratégique du site. Malgré des transformations, le manoir conserve des traces de son prestige passé, lié à une famille influente dans l’évêché de Léon.
La famille de Penmarc’h joua un rôle politique et religieux majeur en Bretagne. Alain IV (1440–1498) et Henri III (1484–1527), gentilhomme de la reine Anne, consolidèrent le statut de la seigneurie. Claude de Penmarc’h (1543–1585), 5e baron, fut gentilhomme de la Chambre du Roi et commissaire du ban du Léon. Son petit-fils, Vincent Gabriel (1656–1717), posséda des droits de foire à Goulven et en la chapelle Saint-Gildas. Le déclin de la famille, marquée par des alliances avec des ligueux comme Anne de Sanzay, coïncida avec la perte d’influence des seigneuries bretonnes après l’intégration à la France.