Frise chronologique
1260
Première mention du fief
Première mention du fief
1260 (≈ 1260)
Charte du comte Hugues X le Brun.
XVe siècle
Construction du premier château
Construction du premier château
XVe siècle (≈ 1550)
Fuie et porte latérale subsistantes.
1633
Vente à François de Guitard
Vente à François de Guitard
1633 (≈ 1633)
Passage aux mains de cette famille.
1786
Achèvement du corps central
Achèvement du corps central
1786 (≈ 1786)
Dates gravées sur les frontons.
1811
Construction de l’aile gauche
Construction de l’aile gauche
1811 (≈ 1811)
Extension du logis actuel.
12 mars 2010
Inscription monument historique
Inscription monument historique
12 mars 2010 (≈ 2010)
Protection du logis et domaine.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Le manoir, en totalité, ensemble bâti et non bâti (cad. F 4 à 7, 10 à 13, 856, 858, 876) : inscription par arrêté du 12 mars 2010
Personnages clés
| Hugues X le Brun - Comte d’Angoulême |
Mentionne Ribérolles en 1260. |
| Famille Vigier - Seigneurs de Ribérolles |
Propriétaires aux XIVe-XVe siècles. |
| Famille Raymond (ou Raimond) - Seigneurs écuyers |
Possède le domaine jusqu’en 1633. |
| François de Guitard - Écuyer, seigneur de La Borie |
Acheteur du domaine en 1633. |
| Famille de Guitard - Propriétaires du XVIIe au XXe |
Fait construire le logis actuel. |
| Baronne de Guitard - Dernière héritière |
Décède en 1948, fin de la lignée. |
Origine et histoire
Le logis de Ribérolles, situé à Rivières en Charente, est mentionné dès 1260 dans une charte du comte d’Angoulême Hugues X le Brun, qui accorde aux seigneurs du fief de Ribérolles le droit de glandée dans la forêt de la Braconne. Ce fief, dépendant de la baronnie de La Rochefoucauld et du comté d’Angoulême, est alors situé au bord de la Tardoire. Aux XIVe et XVe siècles, le domaine appartient à la famille Vigier, puis aux Raymond (ou Raimond), écuyers et seigneurs de Ribérolles, jusqu’en 1633, date à laquelle il est vendu à François de Guitard, écuyer et seigneur de La Borie et Villejoubert en Limousin.
La famille de Guitard, alliée aux de Croizant (chevaliers et seigneurs de Rivières), conserve le domaine du XVIIe au XXe siècle. En 1786, le corps central du manoir actuel et son aile droite sont achevés, comme l’indiquent les dates gravées sur les frontons. L’aile gauche est ajoutée en 1811. Le domaine, qui s’étend sur 13 hectares, inclut une métairie et une imposante fuie du XVe siècle, coiffée d’un toit conique et dotée de dix rangées de boulins. Une porte du XVe ou XVIe siècle, ornée d’une arcade gothique Renaissance et du blason des de Guitard (un agneau passant), est préservée dans le muret séparant le château de la métairie.
Le manoir, de style néo-classique rare dans l’est de la Charente, se compose d’un corps de logis central à un étage, flanqué de deux ailes à rez-de-chaussée. Son intérieur conserve des boiseries rocaille, des ferronneries du XVIIIe siècle, ainsi que des cheminées et peintures ajoutées sous la Restauration. Après la mort de la baronne de Guitard en 1948, le domaine passe à la famille de Causans, puis est vendu à la fin des années 1980. Il change plusieurs fois de propriétaires avant d’être inscrit monument historique le 12 mars 2010. Aujourd’hui propriété privée, le logis n’est pas ouvert à la visite.
Les dépendances du domaine, construites au milieu du XIXe siècle, comprennent des granges, écuries, remises et trois caves voûtées. Le colombier du XVe siècle, restauré, et la porte médiévale témoignent des vestiges de l’ancien château. Une dalle de l’église de Rivières atteste par ailleurs de la présence de la famille de Ribérolles avant le XVIIIe siècle. Le manoir illustre ainsi l’évolution architecturale et seigneuriale d’un fief charentais sur près de huit siècles.