Frise chronologique
XIIe siècle
Première mention écrite
Première mention écrite
XIIe siècle (≈ 1250)
Cartulaire de l'abbaye d'Aureil cite *Manso Rigolena*.
Fin XVe siècle
Acquisition par Mathieu Dalesme
Acquisition par Mathieu Dalesme
Fin XVe siècle (≈ 1595)
Passage aux mains d’un bourgeois marchand.
XVIe–début XVIIe siècle
Construction du manoir actuel
Construction du manoir actuel
XVIe–début XVIIe siècle (≈ 1704)
Corps de bâtiment et tour circulaire érigés.
1885
Redessin du parc par André Laurent
Redessin du parc par André Laurent
1885 (≈ 1885)
Transformation en jardin à l’anglaise.
Fin XVIIIe siècle
Installation de la cheminée de Grandmont
Installation de la cheminée de Grandmont
Fin XVIIIe siècle (≈ 1895)
Récupérée par l’architecte Brousseau après démolition.
18 décembre 1989
Classement Monument Historique
Classement Monument Historique
18 décembre 1989 (≈ 1989)
Protection de la salle à manger peinte.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
La salle à manger au décor peint (cad. D 528) : classement par arrêté du 18 décembre 1989
Personnages clés
| Mathieu Dalesme - Marchand et bourgeois |
Acquiert Rigoulène à la fin du XVe siècle. |
| Architecte Brousseau - Démolisseur de Grandmont |
Installe la cheminée Renaissance au XVIIIe siècle. |
| André Laurent - Paysagiste |
Redessine le parc en 1885. |
Origine et histoire
Le manoir de Rigoulène est mentionné pour la première fois au XIIe siècle dans le cartulaire de l'abbaye d'Aureil comme un bien des seigneurs de Noblat, vassaux des évêques de Limoges. Ce manso, appelé alors Manso Rigolena, reste sous leur mouvance jusqu’à la fin du XVe siècle, date à laquelle il est acquis par Mathieu Dalesme, un marchand et bourgeois de Saint-Léonard-de-Noblat. La construction actuelle, probablement érigée entre le XVIe siècle et le premier quart du XVIIe, conserve des traces de cette transition entre Moyen Âge et Renaissance.
L’ensemble se compose de deux corps de bâtiment parallèles encadrant une cour intérieure, fermée à l’est par un portail et à l’ouest par une galerie. Une tour circulaire au nord abrite un escalier en vis, tandis qu’au sud, une ancienne chapelle – aujourd’hui transformée en salon – accueille une cheminée Renaissance provenante de l’abbaye de Grandmont, démolie à la fin du XVIIIe siècle par l’architecte Brousseau. Ce dernier aurait installé ce élément dans le manoir lors des travaux de cette période. Une pièce du rez-de-chaussée, entièrement lambrissée et peinte à la détrempe (polychrome sur fond gris), date du XVIIIe siècle et représente le château entouré d’un jardin à la française.
Au XIXe siècle, le parc est redessiné à l’anglaise par André Laurent en 1885, conservant partiellement les charmilles et le bassin d’origine. Seuls quelques éléments de cette transformation subsistent aujourd’hui. La ferme et les écuries, construites respectivement à la fin du XVIIIe siècle et en 1880, complètent cet ensemble. En 1989, la salle à manger et son décor peint sont classés Monument Historique, soulignant la valeur patrimoniale des lambris et des peintures murales.
Le manoir illustre ainsi plusieurs époques architecturales, des vestiges médiévaux aux aménagements des XVIIIe et XIXe siècles, tout en reflétant les évolutions sociales et économiques de ses propriétaires, des seigneurs féodaux aux bourgeois marchands. Son histoire est aussi marquée par des réutilisations d’éléments religieux, comme la cheminée de Grandmont, symbole des bouleversements révolutionnaires et post-révolutionnaires en Limousin.