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Manoir de Rigoulène à Saint-Léonard-de-Noblat en Haute-Vienne

Manoir de Rigoulène

    1418 Rigoulene
    87400 Saint-Léonard-de-Noblat
Propriété privée

Frise chronologique

Moyen Âge central
Bas Moyen Âge
Renaissance
Temps modernes
Révolution/Empire
XIXe siècle
Époque contemporaine
1200
1300
1400
1500
1600
1700
1800
1900
2000
XIIe siècle
Première mention écrite
Fin XVe siècle
Acquisition par Mathieu Dalesme
XVIe–début XVIIe siècle
Construction du manoir actuel
1885
Redessin du parc par André Laurent
Fin XVIIIe siècle
Installation de la cheminée de Grandmont
18 décembre 1989
Classement Monument Historique
Aujourd'hui
Aujourd'hui

Patrimoine classé

La salle à manger au décor peint (cad. D 528) : classement par arrêté du 18 décembre 1989

Personnages clés

Mathieu Dalesme - Marchand et bourgeois Acquiert Rigoulène à la fin du XVe siècle.
Architecte Brousseau - Démolisseur de Grandmont Installe la cheminée Renaissance au XVIIIe siècle.
André Laurent - Paysagiste Redessine le parc en 1885.

Origine et histoire

Le manoir de Rigoulène est mentionné pour la première fois au XIIe siècle dans le cartulaire de l'abbaye d'Aureil comme un bien des seigneurs de Noblat, vassaux des évêques de Limoges. Ce manso, appelé alors Manso Rigolena, reste sous leur mouvance jusqu’à la fin du XVe siècle, date à laquelle il est acquis par Mathieu Dalesme, un marchand et bourgeois de Saint-Léonard-de-Noblat. La construction actuelle, probablement érigée entre le XVIe siècle et le premier quart du XVIIe, conserve des traces de cette transition entre Moyen Âge et Renaissance.

L’ensemble se compose de deux corps de bâtiment parallèles encadrant une cour intérieure, fermée à l’est par un portail et à l’ouest par une galerie. Une tour circulaire au nord abrite un escalier en vis, tandis qu’au sud, une ancienne chapelle – aujourd’hui transformée en salon – accueille une cheminée Renaissance provenante de l’abbaye de Grandmont, démolie à la fin du XVIIIe siècle par l’architecte Brousseau. Ce dernier aurait installé ce élément dans le manoir lors des travaux de cette période. Une pièce du rez-de-chaussée, entièrement lambrissée et peinte à la détrempe (polychrome sur fond gris), date du XVIIIe siècle et représente le château entouré d’un jardin à la française.

Au XIXe siècle, le parc est redessiné à l’anglaise par André Laurent en 1885, conservant partiellement les charmilles et le bassin d’origine. Seuls quelques éléments de cette transformation subsistent aujourd’hui. La ferme et les écuries, construites respectivement à la fin du XVIIIe siècle et en 1880, complètent cet ensemble. En 1989, la salle à manger et son décor peint sont classés Monument Historique, soulignant la valeur patrimoniale des lambris et des peintures murales.

Le manoir illustre ainsi plusieurs époques architecturales, des vestiges médiévaux aux aménagements des XVIIIe et XIXe siècles, tout en reflétant les évolutions sociales et économiques de ses propriétaires, des seigneurs féodaux aux bourgeois marchands. Son histoire est aussi marquée par des réutilisations d’éléments religieux, comme la cheminée de Grandmont, symbole des bouleversements révolutionnaires et post-révolutionnaires en Limousin.

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