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Manoir de Roscervo à Lampaul-Ploudalmézeau dans le Finistère

Patrimoine classé Demeure seigneuriale Manoir

Manoir de Roscervo

    Manoir de Roscervo
    29830 Lampaul-Ploudalmézeau
Propriété privée
Manoir de Roscervo
Manoir de Roscervo
Manoir de Roscervo
Manoir de Roscervo
Crédit photo : Madamedekeravel - Sous licence Creative Commons

Frise chronologique

Renaissance
Temps modernes
Révolution/Empire
XIXe siècle
Époque contemporaine
1600
1700
1800
1900
2000
1617
Construction du manoir
1925
Modification du logis
fin 1982
Destruction du manoir
30 mai 1984
Classement Monument Historique
Aujourd'hui
Aujourd'hui

Patrimoine classé

Façades et toitures des communs et du pigeonnier ; mur de clôture des quatre enclos, y compris la double entrée de l'enclos principal (cad. ZB 52, 96, 97, 100 à 102) : inscription par arrêté du 30 mai 1984

Personnages clés

Information non disponible - Aucun nom cité dans les sources Les textes ne mentionnent aucun propriétaire.

Origine et histoire

Le manoir de Roscervo, situé à Lampaul-Ploudalmézeau dans le Finistère, fut construit en 1617, comme l’atteste la date gravée sur sa façade. Il incarnait l’archétype du manoir fortifié du haut Léon, région historique de Bretagne. Son entrée était protégée par un double portail flanqué de deux tourelles crénelées, tandis que son logis, aujourd’hui disparu, abritait autrefois une salle aux sablières sculptées et des cheminées monumentales armoriées. Le domaine s’organisait autour de quatre enclos délimités par des murs, dont trois subsistent encore.

Détruit fin 1982, le manoir a perdu l’intégralité de son logis principal, déjà partiellement rasé en 1925 (suppression du premier étage et de la salle décorée). Malgré cette disparition, les éléments restants – communs, pigeonnier à gradins, et muraille des enclos – témoignent de son importance défensive et seigneuriale. Le site fut partiellement classé Monument Historique en 1984, préservant ainsi les façades des communs, le pigeonnier, et les murs d’enceinte avec leur entrée fortifiée.

À l’origine, le manoir se trouvait au cœur d’un système défensif caractéristique des demeures nobles bretonnes du XVIIe siècle. Les meurtrières des tourelles et l’organisation en enclos reflétaient les tensions sociales de l’époque, où les seigneurs devaient à la fois afficher leur pouvoir et se protéger. La date de 1617 coïncide avec une période de relative stabilité en Bretagne, après les guerres de Ligue, mais où persistaient des rivalités locales.

Les vestiges actuels, bien que fragmentaires, offrent un aperçu de l’architecture manoriale léonaise : utilisation de la pierre locale, décors sculptés (corbels, armoiries), et disposition symétrique des bâtiments agricoles autour de la cour. Le pigeonnier, élément emblématique des domaines seigneuriaux, souligne le statut social des propriétaires, seuls autorisés à posséder ce type de construction sous l’Ancien Régime.

L’inscription aux Monuments Historiques en 1984 vise à protéger les derniers témoignages de ce patrimoine. Les éléments conservés – portails, murs et pigeonnier – permettent d’étudier l’évolution des manoirs bretons, passés de forteresses médiévales à des résidences plus ouvertes à la Renaissance. La destruction de 1982 reste un exemple des pertes patrimoniales survenues avant la sensibilisation accrue à la préservation.

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