Origine et histoire du Manoir de Saint-Armel
Le manoir de Saint-Armel, situé à Bruz en Ille-et-Vilaine, est un ancien manoir épiscopal dont les origines remontent au XIe siècle. Donné en 1076 par Geoffroy Grenodat, comte de Rennes, à l’évêque Sylvestre de La Guerche, il servit de résidence d’été aux évêques de Rennes. Reconstruit au XVe siècle par l’évêque Anselme de Chantemerle, puis modernisé au XVIIe siècle, il conserve des vestiges de sa chapelle médiévale.
Au Moyen Âge, le manoir était appelé Hôtel Saint-Armel et abritait l’un des cinq plaids généraux de l’évêché. Il accueillit des figures majeures comme Yves Mahyeuc (confesseur d’Anne de Bretagne et évêque de Rennes), ainsi que les ducs Jean IV et Jean V, et même Henri IV. La Révolution entraîna sa vente comme bien national en 1791, après des demandes de destruction pour vétusté.
Le manoir, entouré de douves et doté d’un pont-levis (disparu), comprenait trois corps de bâtiments, une chapelle détruite en 1791, et une cour intérieure avec puits. Au XIXe siècle, le portail fut remanié, et les douves partiellement comblées après le détournement de la Seiche pour les mines de Pont-Péan. Épargné par les bombardements de 1944, il fut inscrit aux monuments historiques en 1975.
Architecturalement, le manoir allie des éléments des XVe–XVIIe siècles : façades à pilastres ioniques, frontons triangulaires, et toitures élevées avec gerbières. Le Pavillon, au sud, et la Chambre du Cerf (au-dessus de l’écurie) témoignent de son passé seigneurial. Aujourd’hui propriété privée, il reste un symbole du patrimoine breton et de l’histoire épiscopale rennaise.
Parmi ses occupants notables, Charles Bonaventure Toullier, jurisconsulte, l’acquit en 1791, suivi par la famille Péan au XIXe siècle. Le docteur Patay, propriétaire pendant la Seconde Guerre mondiale, y hébergea des sinistrés après les bombardements. Le site, proche de la Seiche, conserve aussi des traces d’un pont médiéval à quatre arches, partiellement préservé.