Origine et histoire du Manoir de Trevennou
Le manoir de Trévennou, situé à Langoat en Bretagne, est un édifice du XVIe siècle construit en pierre de taille de granite. Il présente un plan en T avec une façade orientale ornée d’une porte Renaissance en arc plein cintre, accessible par un perron. Le sous-sol, à la fois espace de stockage et de vie chauffée, pourrait être un vestige de la résidence seigneuriale primitive. Le manoir, autrefois entouré d’une cour close, a perdu une partie de ses éléments (portail, chapelle, colombier) et a été amputé d’un étage.
Le site, proche de la rivière du Guindy, était accessible par un chemin historique menant à Lanmérin, distant de 1 000 mètres. À l’origine, il comprenait un moulin à eau, une chapelle et un colombier, et appartenait à des familles nobles comme les Kerouzy, Larmor, ou Rogon. La seigneurie de Trévennou, dotée de droits de moyenne et basse justice, s’étendait sur Langoat, Lanmérin et Trévenou, et était vassale de l’abbaye de Bégard.
Le manoir, inscrit aux Monuments historiques depuis 1970, a subi un incendie en 1993 avant d’être restauré par la famille Perrot à partir de 1995. Son toponyme, mentionné dès le Moyen Âge sous diverses formes (Treveznou, Trevechnou), est lié à la Vie de saint Maudez, avec une fontaine voisine portant son nom. Les armoiries du manoir, mutilées pendant la Révolution, rappellent son passé seigneurial.
Architecturalement, le manoir conserve deux cheminées Renaissance : l’une sculptée avec une corniche à denticules, l’autre classique à pilastres et triglyphes. Une cariatide orne la menuiserie intérieure d’une ouverture haute. Le site, à 4 km à l’ouest du bourg de Langoat, illustre l’évolution d’un lieu noble breton entre résidence aristocratique et exploitation agricole.
Les archives mentionnent des propriétaires successifs comme Olivier de Larmor (1541), les familles Nicol (1735) et Rogon (1768). En 1683, Trévennou était une frairie (subdivision paroissiale) avec sa chapelle, typique de l’organisation sociale bretonne médiévale. Le minihy de Tréguier, territoire monastique, y exerçait une influence spirituelle et seigneuriale.