Manoir de Vauville dans la Manche

Patrimoine classé Demeure seigneuriale Manoir

Manoir de Vauville

  • D318
  • 50440 Vauville
Manoir de Vauville
Manoir de Vauville
Manoir de Vauville
Manoir de Vauville
Manoir de Vauville
Manoir de Vauville
Crédit photo : pierrestz{@}gmail.com - Sous licence Creative Commons
Propriété privée

Frise chronologique

Moyen Âge central
Bas Moyen Âge
Renaissance
Temps modernes
Révolution/Empire
XIXe siècle
Époque contemporaine
1200
1300
1400
1500
1600
1700
1800
1900
2000
1163
Construction de la demeure
XIIe siècle
Construction du donjon
XIVe siècle
Changement de propriétaires
1663
Mariage et reconstruction
1732
Construction du colombier
XVIIe siècle
Construction initiale
1837
Démolition de la porterie
1948
Installation des Pellerin
1972
Inscription aux monuments historiques
Aujourd'hui
Aujourd'hui

Patrimoine classé

Façades et toitures du château et de son pigeonnier ainsi que celles de l'ancien fort situé en bordure de la Manche avec sa maison de gardien (cad. AC 166, 204, 205) : inscription par arrêté du 5 mai 1972

Personnages clés

François-César de Costentin Frère du maréchal de Tourville, rebâtit le logis au XVIIe siècle.
Richard de Vauville Seigneur ayant entrepris la construction de la demeure seigneuriale en 1163.
Jean-Baptiste César de Costentin Seigneur de Vauville, connu pour un meurtre en 1713.
Jean Le Marois Général et propriétaire de Vauville, acquit également Pépinvast.
Polydore Le Marois Fils de Jean Le Marois, fit abattre la porterie en 1837.
Henri Gayard Propriétaire du manoir en 1890, entreprit des restaurations.
Nicole et Éric Pellerin Créateurs du jardin botanique en 1948.
Éric Pellerin Propriétaire actuel du manoir et du jardin botanique.

Origine et histoire du Manoir de Vauville

Le manoir ou château de Vauville est une ancienne demeure fortifiée, dont l'origine remonte au XIIe siècle, située sur le territoire de l'ancienne commune de Vauville dans le département de la Manche en Normandie. Il est partiellement inscrit au titre des monuments historiques. Le manoir se trouve dans la Hague, au nord‑ouest de la presqu'île du Cotentin, près de la côte et de l'église Saint‑Martin de Vauville; il est possible que, lors de sa construction, la mer arrivait au pied des remparts. Selon André Davy, Vauville fut une forteresse féodale dès le Xe siècle, à l'arrivée des Normands. Une grande partie de son histoire a disparu avec la destruction des archives départementales lors du bombardement de Saint‑Lô pendant la Seconde Guerre mondiale, mais quelques éléments sont parvenus jusqu'à nous.

Le fief de Vauville était un plein fief de haubert mouvant de la baronnie de Bricquebec. Richard de Vauville entreprit en 1163 la construction d'une demeure seigneuriale; du château primitif subsiste aujourd'hui le donjon, semblable à celui du château de Beaurepaire à Martinvast, ainsi que l'ancien colombier et l'emplacement des douves désormais recouvertes par le jardin. Richard avait également fondé, dès 1147, le prieuré Saint‑Hermel, situé sur une colline au nord‑est de Vauville. Au XIVe siècle la seigneurie appartint à la famille de La Haye, puis passa aux Carbonnel, avant d'être transmise aux Le Sauvage. En 1663 Jeanne Le Sauvage, héritière de Julien Le Sauvage, épousa François‑César de Costentin, frère aîné du maréchal de Tourville; ce dernier rebâtit le logis visible aujourd'hui, conserva le donjon et lui ajouta deux ailes latérales. Une partie des tours et des défenses subsistait encore dans les années 1720, mais fut progressivement démolie.

De cette famille naquirent deux seigneurs successifs, Jean‑Michel de Costentin dit le « marquis de Tourville » puis Jean‑Baptiste César de Costentin dit le « comte de Vauville ». Jean‑Baptiste César se réfugia à Vauville après avoir tué, en 1713, Pierre‑Alexandre Hellouin; il obtint ensuite sa grâce en levant la « fierté ou chasse de saint Romain » selon un privilège du chapitre métropolitain de Rouen. Le général Jean Le Marois, déjà propriétaire de Pépinvast, acquit également Vauville; son fils Polydore fit abattre en 1837 la porterie où était mort en 1257 le bienheureux Thomas Hélye, ainsi que les communs qui donnaient au château son aspect féodal. En 1890 le manoir appartenait à Henri Gayard, dont la famille entretint et restaura le château, sévèrement pillé et endommagé pendant la Seconde Guerre mondiale. En 1948 Nicole et Éric Pellerin s'y installèrent et y créèrent un jardin botanique; le manoir est aujourd'hui la propriété d'Éric Pellerin, petit‑fils d'Éric et fils de Guillaume. La restauration de la toiture du château figure parmi les projets retenus par le Loto du patrimoine 2025.

Du château médiéval subsistent principalement le donjon, une portion du mur d'enceinte et l'emplacement de la douve. Les bâtiments actuels, de style Renaissance cotentinaise, comprennent deux corps de logis perpendiculaires reliés par le donjon du XIIe siècle, édifiés entre la fin du XVIe et le début du XVIIe siècle, avec des lucarnes coiffées de frontons ornés de boules. Construits en pierres du pays, avec des murs atteignant près d'un mètre d'épaisseur à certains endroits, ils présentent des fenêtres à meneaux, de larges cheminées et une toiture en schiste. Le colombier, élevé en 1732 à l'extérieur de l'enceinte, contient plus de mille cases et illustre les dépendances typiques de l'édifice. Les façades et toitures du château et de son pigeonnier, ainsi que celles de l'ancien fort en bordure de la Manche et de sa maison de gardien, ont été inscrites au titre des monuments historiques par arrêté du 5 mai 1972.

Le parc abrite un jardin botanique labellisé jardin remarquable en 2020, inscrit au titre des monuments historiques par arrêté du 20 novembre 1992 et inscrit à l'IGPC. Le jardin est ouvert au public et la cour du manoir est accessible; la salle à manger reçoit divers événements tels que concerts et lectures.

Liens externes