Patrimoine classé
Colombier de Boos : classement par liste de 1889 - Ancien manoir, à savoir : logis, y compris les extensions du XVIIIe siècle ; anciens murs d'enclos, intérieurs et extérieurs ; ancienne assise foncière, sol et sous-sol, avec les vestiges archéologiques connus ou à découvrir (cad. AI 22 à 28, 34) : inscription par arrêté du 23 décembre 1996 - Ancienne grange dîmière en totalité ; anciens murs d'enclos, intérieurs et extérieurs, tels qu'ils sont conservés en élévation ou inclus dans des bâtiments postérieurs, y compris la porte située sur les parcelles 33 et 55 dite "Porte des Champs" ; ancienne assise foncière, sol et sous-sol, avec les vestiges archéologiques connus ou à découvrir (cad. AI 30, 31, 162, 29, 35, 37, 39, 40, 41, 33, 43, 44, 45, 47, 48, 50, 55) : inscription par arrêté du 7 octobre 1997
Personnages clés
| Masséot Abaquesne - Céramiste et décorateur |
Auteur des faïences du colombier (1520). |
Origine et histoire du Manoir des abbesses
Le manoir des abbesses de Saint-Amand, situé à Boos en Seine-Maritime, appartient à l'abbaye Saint-Amand de Rouen de 1035 jusqu'à la Révolution française. L'édifice actuel, construit au XIIIe siècle, est un exemple typique d'habitat seigneurial médiéval. Son colombier octogonal, décoré en 1520 par Masséot Abaquesne avec des motifs géométriques et des têtes humaines, est classé monument historique dès 1889. Ce colombier, en brique et faïence, illustre l'art de la Renaissance normande.
Le manoir conserve des vestiges romans et gothiques, notamment dans son logis primitif à charpente médiévale. Au XVe siècle, une grange dîmière est ajoutée, tandis qu'au XVIIIe siècle, des extensions latérales et des murs d'enclos complètent l'ensemble. Ces éléments, ainsi que l'ancienne porte dite Porte des Champs, sont inscrits aux monuments historiques en 1996 et 1997. Le site, toujours partiellement visible, reflète l'évolution architecturale sur plusieurs siècles.
Le manoir est construit en pierre, avec des bâtiments agricoles en brique. Son enclos, bien conservé, délimite encore aujourd'hui l'assise foncière historique. Le logis, représentatif des XIIIe et XIVe siècles, et le colombier, orné de faïences par un artisan renommé, en font un ensemble patrimonial remarquable. La propriété, partagée entre le département et des propriétaires privés, reste un témoignage de l'histoire religieuse et seigneuriale de la Normandie.
Masséot Abaquesne, céramiste rouennais du XVIe siècle, est l'auteur des décors du colombier. Ce dernier, classé parmi les premiers monuments historiques français en 1889, précède de plus d'un siècle les inscriptions du reste du manoir. Les protections successives (1996, 1997) couvrent le logis, les murs d'enclos, la grange dîmière et les vestiges archéologiques du sol, soulignant l'importance historique et artistique du site.