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Manoir des Basses-Rivières à Rochecorbon en Indre-et-Loire

Patrimoine classé Demeure seigneuriale Manoir

Manoir des Basses-Rivières

    Manoir des Basses-Rivières
    37210 Rochecorbon
Propriété privée
Manoir des Basses-Rivières
Manoir des Basses-Rivières

Frise chronologique

Temps modernes
Révolution/Empire
XIXe siècle
Époque contemporaine
1700
1800
1900
2000
vers 1730
Construction du manoir
1765
Propriété des Taboureau de Boisdenier
1847
Achat par William Richmond Nixon
1923
Héritage d'Édouard d'Espelosin
1965
Classement Monument historique
2022
Label Jardin remarquable
Aujourd'hui
Aujourd'hui

Patrimoine classé

Les façades et les toitures, ainsi que le parc (cad. AW 173, 174, 179, 180) : inscription par arrêté du 6 mai 1965

Personnages clés

Pierre Meusnier - Architecte A conçu le manoir en 1755.
William Richmond Nixon - Propriétaire britannique Officier à Waterloo, mort en 1861.
Édouard d'Espelosin - Antiquaire et donateur Lègue le manoir à Tours en 1944.
Famille Papion du Château - Commanditaires initiaux Fabricants de soie et vignerons.

Origine et histoire

Le manoir des Basses-Rivières, situé à Rochecorbon en Indre-et-Loire, est une « folie » de campagne construite vers 1730 pour la famille Papion du Château, fabricants de soie et vignerons. Ce monument du 3e quart du XVIIIe siècle se distingue par son architecture classique, ses caves troglodytiques creusées dans le tuffeau, et son jardin en terrasses offrant une vue sur la Loire. Le domaine était autrefois une ferme et un village appartenant aux moines bénédictins de l’abbaye de Marmoutier dès le Xe siècle.

En 1765, le manoir passe à la famille Taboureau de Boisdenier, puis accueille des personnalités comme la marquise d'Oysonville et Jules-Antoine Taschereau. En 1847, il est acquis par William Richmond Nixon, officier britannique ayant combattu Napoléon, dont les initiales (RN) figurent sur le fronton avec celles de son épouse, Thérèse Antoinette Schatteman. Nixon, mort à Rochecorbon en 1861, y est enterré. Le portail d’entrée, orné de symboles religieux (tiare, rosaire), provient initialement du couvent des Dames de l’Union-Chrétienne, puis de l’hôtel de Baudry à Tours avant d’être installé ici.

Au XXe siècle, le manoir est légué à la ville de Tours par Édouard d'Espelosin, antiquaire et sculpteur, qui en avait hérité en 1923. Transformé en musée du Vin et de la Vigne (1954-1970), il est ensuite cédé en 1973. Depuis 2006, les propriétaires actuels ont restauré le site, qui propose désormais des chambres d’hôtes. La façade, les toitures et le parc sont classés Monuments historiques depuis 1965, et le jardin, labellisé « remarquable » en 2022, s’étend sur 1,4 hectare avec des espèces méditerranéennes et des caves des XIe et XVe siècles.

L’architecture, œuvre de Pierre Meusnier en 1755, mêle un logis rectangulaire en tuffeau, un fronton triangulaire orné de guirlandes, et des lucarnes. Le site troglodytique, le plus vaste d’Indre-et-Loire avec 35 cavités, témoigne de l’histoire viticole et artisanale locale. Le microclimat, favorisé par l’exposition sud et la proximité de la Loire, permet la culture d’essences rares comme les figuiers ou les cèdres. Le jardin à la française contraste avec les falaises de tuffeau, créant un paysage unique.

Les pierres extraites pour creuser les grottes ont servi à construire la maison, illustrant l’ingéniosité des bâtisseurs. Le manoir, symbole du patrimoine tourangeau, incarne à la fois l’opulence des « folies » du XVIIIe siècle, l’héritage monastique médiéval, et l’adaptation contemporaine à travers sa vocation touristique et viticole.

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