Origine et histoire du Manoir du Chapitre
Le manoir du Chapitre, dit le Prieuré, est un édifice historique situé à Ailly, dans le département de l'Eure en Normandie. Construit entre les XIIIe et XVIIe siècles, il est initialement lié au chapitre général de la cathédrale de Beauvais, qui en devient propriétaire dès le XIe siècle grâce à l'évêque Roger de Blois. Ce manoir, autrefois siège d'une seigneurie, illustre l'influence ecclésiastique dans la région à travers les âges.
Au XIIIe siècle, le logis principal, de forme carrée, est érigé avec des éléments architecturaux caractéristiques comme des baies géminées à arcs brisés et des oculi tréflés. La façade nord, remaniée au XVIIe siècle, intègre une travée du XVIe siècle ornée des armes des chanoines de Beauvais, témoignant des transformations successives du bâtiment. À l'intérieur, un escalier de la fin du XVIIe siècle dessert les étages, tandis qu'un trompe-l'œil du XIXe siècle décore le vestibule.
La Révolution française marque un tournant pour le manoir : une grande partie des bâtiments est vendue et démantelée, ne laissant subsister que la partie orientale de l'enclos, incluant le logis. Au XIXe siècle, ce dernier est converti en auberge, puis en résidence de campagne avant de devenir un gîte. Malgré ces changements, le logis et son assiette foncière sont inscrits aux monuments historiques par arrêté du 10 novembre 1998, préservant ainsi un patrimoine architectural et historique majeur.
Le domaine comprenait autrefois un colombier, un hôtel et des dépendances agricoles, reflétant son importance économique et sociale. Aujourd’hui, le manoir du Chapitre reste un témoignage des liens entre pouvoir religieux, architecture médiévale et transformations historiques en Normandie.
La localisation précise du manoir, au 2 rue de l'Église, au cœur du village d'Ailly, ainsi que sa protection patrimoniale, en font un site remarquable pour l’étude de l’histoire locale et de l’évolution des manoirs en France. Son architecture, mêlant éléments médiévaux et ajouts des XVIe et XVIIe siècles, offre un exemple rare de continuité et d’adaptation à travers les siècles.