Manoir du Chastenay à Arcy-sur-Cure dans l'Yonne

Patrimoine classé Demeure seigneuriale Manoir

Manoir du Chastenay

  • 38 Grande Rue
  • 89270 Arcy-sur-Cure
Manoir du Chastenay
Manoir du Chastenay
Manoir du Chastenay
Manoir du Chastenay
Manoir du Chastenay
Manoir du Chastenay
Manoir du Chastenay
Manoir du Chastenay
Manoir du Chastenay
Manoir du Chastenay
Manoir du Chastenay
Propriété privée

Frise chronologique

Bas Moyen Âge
Renaissance
Temps modernes
Révolution/Empire
XIXe siècle
Époque contemporaine
1300
1400
1500
1600
1700
1800
1900
2000
1349
Construction initiale
1549
Reconstruction Renaissance
1875
Ajout néo-Renaissance
Fin du XVIIIe siècle
Construction aile gauche
1971
Classement historique
Aujourd'hui
Aujourd'hui

Patrimoine classé

Les façades et les toitures (à l'exclusion de l'aile est) (cad. AE 154) : classement par arrêté du 11 octobre 1971 ; Les façades et les toitures des dépendances ; les vestiges de l'ancienne enceinte (cad. AE 154) : inscription par arrêté du 13 octobre 1971

Personnages clés

Jean de Lys Seigneur ayant édifié le manoir initial en 1349.
Gabriel Mallard de La Varende Ancien propriétaire ayant entrepris la restauration du manoir en 1972.
Philippe de Loron Seigneur protestant ayant pillé l'abbaye de Saint-Germain en 1567.
Victor Dupont Élève de Viollet-le-Duc ayant remanié l'aile gauche vers 1850.

Origine et histoire du Manoir du Chastenay

Le manoir du Chastenay, dit aussi manoir de Chastenay, est un bâtiment de style Renaissance situé sur le val Sainte-Marie à Arcy-sur-Cure (Yonne), à une vingtaine de kilomètres d'Avallon et à une trentaine d'Auxerre. L'implantation remonte au XIVe siècle : en 1349 un manoir entouré d'une enceinte cantonnée de tours rondes fut édifié pour Jean de Lys ; il subsiste aujourd'hui des vestiges de murailles et deux tours. Une reconstruction datée de 1549 est attribuée à la famille d'Aulnay, et un pavillon de style néo-Renaissance fut ajouté en 1875 pour le comte de Sablon. La demeure s'appuie sur un réseau de grottes souterraines inondées et se situe à l'intersection de la Via Agrippa de l'Océan et d'un chemin de Compostelle reliant l'Allemagne à Troyes. Selon son ancien propriétaire Gabriel de la Varende, des recherches alchimiques auraient été menées au manoir, interprétation soutenue par de nombreux symboles sculptés ou peints. L'enceinte médiévale forme un quadrilatère cantonné de tours rondes ; l'une d'elles, au sud, sert de colombier équipé d'une échelle tournante. Une chapelle existait dans l'enceinte mais fut détruite ou transformée en grange à l'époque de la Réforme ; un bâtiment y figure encore sur le cadastre de 1825 et son portail aurait été remonté à l'entrée du jardin donnant sur la rue. La façade principale, de grande taille, est animée par une tourelle en encorbellement, des baies et une tour d'escalier hexagonale de facture Renaissance ; la date 1549 est lisible près de la porte. Toutefois, le gros œuvre et l'enceinte semblent relever du XIVe siècle : une cave au profil légèrement ogival en témoigne et pourrait remplacer une demeure antérieure dite château du Lys. On pénètre la tour Saint-Jean, la cage d'escalier, par la porte dite des Sages, surmontée de trois bustes ; le porche et certaines fenêtres sont sculptés de figures allégoriques. La seule salle ouverte au public, au rez-de-chaussée, conserve d'importantes boiseries ornées de sept peintures représentant des scènes bibliques, notamment la vie de Joseph. L'aile gauche date de la fin du XVIIIe siècle et fut remaniée vers 1850 par un élève de Viollet-le-Duc. Une légende locale évoque un trésor et une femme rendue muette par l'action d'un duc ; cette histoire se rapproche d'un épisode documenté : Philippe de Loron, seigneur de la Maison Blanche et du Chastenay, protestant au service du prince de Condé, participa à la surprise d'Auxerre en 1567 et pilla l'abbaye de Saint-Germain. Le butin disparut, probablement fondu pour financer la guerre ; selon le procès qui suivit, une servante du Chastenay eut la langue râpée à coups d'épée pour la dissuader de parler. Lorsque Gabriel Mallard de La Varende prit possession du manoir en 1966, l'édifice menaçait ruine ; les façades et les toitures des dépendances (à l'exclusion de l'aile est) et les vestiges de l'enceinte furent classés au titre des monuments historiques le 11 octobre 1971, les dépendances furent inscrites le 13 octobre 1971, et la restauration a débuté en 1972 sous la direction des Monuments historiques. Des fouilles minutieuses menées ensuite n'ont rien donné et les recherches ont été interrompues ; il est possible qu'aucun trésor n'ait jamais existé sur le site. Le manoir n'est pas ouvert au public. La propriété a successivement appartenu aux familles Geoffroy et Digogne dès 1314, puis aux seigneurs de Lys (Jean de Lys vers 1349), aux d'Aulnay, aux Loron du Chastenay, aux d'Estutt d'Assay, aux Berger du Sablon, aux de Carentonne ; Jeanne Gabriel de Mauduit de Carentonne épousa Robert Mallard de La Varende et Gabriel Mallard de La Varende, qui prit possession en 1966, transmit ensuite le manoir à ses enfants François, Marie Anne et Marie-Laurence Mallard de La Varende.

Liens externes