Frise chronologique
XIVe siècle
Origine du fief
Origine du fief
XIVe siècle (≈ 1450)
Création du fief du Grand Moulin
1564
Construction du colombier
Construction du colombier
1564 (≈ 1564)
Colombier-tour central aujourd’hui détruit
2e moitié XVIIe siècle
Construction du logis
Construction du logis
2e moitié XVIIe siècle (≈ 1750)
Corps principal en pierre de Baincthun
20 septembre 1943
Classement de la cloche
Classement de la cloche
20 septembre 1943 (≈ 1943)
Cloche du campenard protégée
12 août 1998
Inscription Monument Historique
Inscription Monument Historique
12 août 1998 (≈ 1998)
Protection des bâtiments et du sol
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Parcelle cadastrale AC 20 comprenant les bâtiments, le sol et le sous-sol du manoir : inscription par arrêté du 12 août 1998
Personnages clés
| Roger Rodière - Historien local |
A étudié les manoirs du Boulonnais |
Origine et histoire
Le manoir du Grand-Moulin, situé à Condette dans les Hauts-de-France, trouve ses origines au XIVe siècle avec la création du fief du Grand Moulin. Cependant, les bâtiments actuels datent principalement de la seconde moitié du XVIIe siècle, avec des ajouts ultérieurs aux XVIIIe et XIXe siècles. L’ensemble s’organisait autrefois autour d’une cour dotée d’un abreuvoir, typique des fermes-manoirs de la région. Le corps de logis, construit en pierre de Baincthun, est flanqué de deux tourelles caractéristiques : l’une en encorbellement avec un campenard abritant une cloche classée en 1943, l’autre ronde, percée de meurtrières et coiffée d’une poivrière en tuiles plates. Ces éléments, ainsi que les percements d’origine sur la façade ouest, témoignent d’une architecture à la fois défensive et résidentielle, héritée du Moyen Âge mais adaptée à l’époque moderne.
Le colombier-tour central, daté de 1564, fut détruit à la fin du XIXe siècle, tout comme les bâtiments agricoles annexes, disparus à la fin du XXe siècle. Seuls subsistent aujourd’hui le logis principal et quelques traces des dépendances, visibles sur le plan cadastral de 1813. La toiture, initialement couverte de tuiles plates, fut modifiée au XXe siècle par l’ajout de tuiles mécaniques et de lucarnes triangulaires. Ce manoir illustre parfaitement l’architecture des manoirs du Boulonnais, étudiée par l’historien Roger Rodière, mêlant fonctions agricoles, seigneuriales et défensives dans un paysage bocager. Classé partiellement aux Monuments Historiques en 1998, il constitue un rare exemple préservé de ce patrimoine rural, malgré la disparition de certains éléments comme le colombier.
L’histoire du Grand-Moulin reflète les évolutions sociales et économiques de la région : d’un fief médiéval lié à la mouture des céréales, il devient au XVIIe siècle une résidence seigneuriale intégrant des éléments de confort (logis en pierre, cloche) tout en conservant des traits défensifs (meurtrières, tourelles). La destruction progressive des dépendances aux XIXe et XXe siècles marque le déclin de son rôle agricole, tandis que sa protection en 1998 souligne sa valeur patrimoniale. La cloche classée en 1943, toujours en place, rappelle son importance locale, peut-être liée à des fonctions religieuses ou communautaires. Aujourd’hui, le manoir incarne la transition entre l’époque médiévale et l’époque moderne dans le Boulonnais, où les manoirs servaient à la fois de centres économiques et de symboles de pouvoir.