Frise chronologique
1564
Premier seigneur connu
Premier seigneur connu
1564 (≈ 1564)
Jean Langlois mentionné comme sieur de Taute.
vers 1580
Construction probable du manoir
Construction probable du manoir
vers 1580 (≈ 1580)
Bâti par Jean Langlois pendant les guerres de Religion.
1588
Attaque protestante
Attaque protestante
1588 (≈ 1588)
Partie droite du logis endommagée par un incendie.
début XVIIe siècle
Changement de propriétaire
Changement de propriétaire
début XVIIe siècle (≈ 1704)
Acquis par la famille Lecocq.
11 août 1975
Première inscription MH
Première inscription MH
11 août 1975 (≈ 1975)
Façades, toitures et éléments intérieurs protégés.
4 juin 1993
Seconde inscription MH
Seconde inscription MH
4 juin 1993 (≈ 1993)
Extension à l'ensemble du domaine.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Façades et toitures ainsi que le plafond et la cheminée de la grande salle du rez-de-chaussée ; façade et toiture ainsi que le mécanisme du pressoir (cad. A 1022) : inscription par arrêté du 11 août 1975 ; Logis ; pressoir ; boulangerie ; écuries et grange ; pièce d'eau et douves qui la prolongent ; assiette de l'ancien jardin telle qu'elle figure sur le cadastre ancien (cad. AL 177 à 180) : inscription par arrêté du 4 juin 1993
Personnages clés
| Jean Langlois - Seigneur de Taute et avocat du roi |
Probable constructeur du manoir vers 1580. |
| Olive Le Petiot - Épouse de Jean Langlois |
Membre de la famille Petiot, anciens occupants. |
| Jeanne Le Petiot - Héritière du Grand Taute |
Nièce d'Olive, épouse du sieur de Montcuit. |
| Jean Lecocq - Écuyer et officier de justice |
Acquiert le manoir au début du XVIIe siècle. |
| Pierre Delalande - Notaire à Saint-Sauveur-Lendelin |
Propriétaire du manoir au XIXe siècle. |
Origine et histoire
Le manoir du Grand Taute est une ancienne demeure fortifiée construite à la fin du XVIe siècle, située sur la commune de Saint-Sauveur-Lendelin, dans le département de la Manche. Ce monument, typique de l'architecture défensive de la période Henri IV-Louis XIII, a été partiellement inscrit aux monuments historiques en 1975 et 1993. Ses caractéristiques architecturales, comme les mâchicoulis, les trous de fusils et les douves asséchées, témoignent de son rôle protecteur lors des guerres de Religion.
Le premier seigneur connu, Jean Langlois, avocat du roi et sieur de Taute, est mentionné en 1564. Issu d'une famille noble d'Orval, il épouse Olive Le Petiot et fait probablement construire le manoir vers 1580. En 1588, le manoir est attaqué par des protestants, endommageant gravement sa partie droite. Langlois, partisan de la Ligue, quitte ensuite les lieux pour Coutances, laissant le domaine à sa nièce Jeanne Le Petiot, mariée au sieur de Montcuit.
Au début du XVIIe siècle, le manoir passe aux mains de la famille Lecocq, des écuyers et officiers de justice. Transformé en ferme après 1670, il reste exploité jusqu'en 1872. Les familles Le Breton de Beaucoudray, Tardif de Vauclair et Verdun de la Crenne s'y succèdent aux XVIIIe et XIXe siècles. Au milieu du XIXe siècle, le notaire Pierre Delalande en devient propriétaire, et sa famille le conserve près d'un siècle. Épargné pendant la Seconde Guerre mondiale, à l'exception des écuries partiellement détruites en 1944, le manoir est restauré après-guerre.
En 1995, Chantal et Christian Herrault acquièrent la propriété, la restaurent et en font leur résidence secondaire. Le manoir, peu modifié depuis sa construction, conserve des éléments défensifs marquants comme des mâchicoulis, des grilles aux soupiraux et une façade arrière quasi aveugle. Son corps de logis, flané de deux tours abritant des escaliers, présente des fenêtres à meneaux carrés typiques du Cotentin. Autour de la cour, s'organisent un pressoir ancien, une écurie au pavage d'origine, une grange et une boulangerie isolée pour éviter les incendies. Un jardin entouré de douves asséchées et un étang complètent l'ensemble.
Le manoir fait l'objet d'une inscription partielle aux monuments historiques depuis 1975, couvrant les façades, toitures, le plafond et la cheminée de la grande salle, ainsi que le mécanisme du pressoir. Une seconde inscription en 1993 étend la protection au logis, à la boulangerie, aux écuries, à la pièce d'eau et à l'assiette de l'ancien jardin. Aujourd'hui, les extérieurs, le pressoir, la boulangerie et les écuries sont accessibles à la visite de juillet à août, et sur rendez-vous le reste de l'année.