Construction du manoir 1579-1585 (≈ 1582)
Dates gravées sur façade et sablières.
avant 1601
Décès de Jean Pezron
Décès de Jean Pezron avant 1601 (≈ 1601)
Premier propriétaire et notaire.
1723
Achat par Louis de Montlouis
Achat par Louis de Montlouis 1723 (≈ 1723)
Bâtiment en mauvais état.
milieu du XVIIe siècle
Transformation en logis
Transformation en logis milieu du XVIIe siècle (≈ 1750)
Fin des fonctions judiciaires.
15 juin 1925
Classement Monument Historique
Classement Monument Historique 15 juin 1925 (≈ 1925)
Inscription officielle.
6 septembre 1991
Acquisition par la mairie
Acquisition par la mairie 6 septembre 1991 (≈ 1991)
Préservation du patrimoine.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Manoir du XVIe siècle sis dans le bourg (cad. AB 124) : inscription par arrêté du 15 juin 1925
Personnages clés
Jean Pezron - Notaire et greffier
Premier propriétaire, commanditaire du manoir.
Louis de Montlouis - Acquéreur en 1723
Acheta le manoir en mauvais état.
Origine et histoire
Le manoir de Priziac, situé dans le Morbihan, fut construit entre 1579 et 1585 comme auditoire de justice pour la seigneurie du Dréors. La date de 1579 est gravée sur sa façade rue, tandis que 1585 figure sur une sablière de la salle d’audience. Son premier propriétaire, Messire Jean Pezron, notaire et greffier au service des familles Rohan-Guémené et Le Scanff, y exerçait ses fonctions judiciaires. Les initiales M. J. P. et son nom complet apparaissent sur les éléments architecturaux, attestant de son rôle central. Ce manoir, conçu en pierre de taille, reflète le prestige de son commanditaire par des détails comme les boulins (nids d’hirondelles réservés à la noblesse) ou la cheminée monumentale de la salle d’audience.
Les fonctions judiciaires du manoir furent transférées dès le début du XVIIe siècle, le transformant en simple logis. Au fil des siècles, il changea plusieurs fois de mains : la famille Aufret, Jean Le Coz (chapelier), puis les familles Le Bail, Le Fur, et Le Cagnec après la Révolution. En 1723, Louis de Montlouis et son épouse l’acquirent pour 1 200 livres, alors décrit comme « en fort mauvais état », avec une charpente et une maçonnerie délabrées. La mairie de Priziac en devint propriétaire en 1991. Classé Monument Historique en 1925, le manoir se distingue par son escalier extérieur, ses portes en plein cintre (dont une cochère restaurée), et une lucarne ornée de coquilles et de vases, symboles de richesse.
L’architecture intérieure révèle son usage passé : le rez-de-chaussée abritait une prison, une écurie, et un passage pour voitures, tandis que l’étage accueillait la salle d’audience et ses dépendances (antichambre, archives). La charpente lambrissée, avec ses sablières sculptées et ses clés pendants, a été restaurée dans son état d’origine. La façade nord, sobre, contraste avec le pignon Est, monumental, où deux rangées de boulins et une fenêtre richement décorée soulignent le statut social de ses occupants. Malgré son déclin précoce comme lieu de justice, le manoir reste un témoignage rare des auditoires seigneuriaux bretons de la Renaissance.
La localisation du manoir, au 6 rue du Vieux-Bourg, en face du chevet de l’église Saint-Beheau, renforce son ancrage dans l’histoire locale. Son acquisition par la commune a permis sa préservation, mettant en valeur des éléments comme la niche à chien intégrée à l’escalier ou les ouvertures dédiées à l’alimentation des chevaux. Ces détails, combinés aux archives mentionnant Jean Pezron et les familles nobles qu’il servait, offrent un éclairage précis sur la vie judiciaire et sociale en Bretagne à la fin du XVIe siècle.
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