Création de la Manufacture 1819 (≈ 1819)
Ordonnance royale créant la Manufacture d'armes à Châtellerault.
1820
Construction initiale
Construction initiale 1820 (≈ 1820)
Début des travaux de construction sous la direction de M. Ledard et M. Guillebon.
1886
Transformation des ateliers
Transformation des ateliers 1886 (≈ 1886)
Introduction de nouveaux matériaux et procédés mécaniques.
1914-1921
Construction de centrales
Construction de centrales 1914-1921 (≈ 1918)
Construction d'une centrale thermique et hydroélectrique.
1950
Restauration et modernisation
Restauration et modernisation 1950 (≈ 1950)
Restauration des bâtiments endommagés et modernisation des ateliers.
1968
Fermeture définitive
Fermeture définitive 1968 (≈ 1968)
Closure de l'établissement après 49 ans d'activité.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Bâtiment 132 : façades et toitures, y compris les escaliers latéraux ; bâtiments 205, 206 et 207 abritant le musée de l'Automobile et deux cheminées ; système hydraulique (canal et vannes) ; bâtiment 162 (cad. DI 385, 365, 367, 320) : inscription par arrêté du 9 mars 1989
Personnages clés
M. Ledard
Directeur de la construction initiale
M. Guillebon
Collaborateur de M. Ledard
Victor Dupont
Architecte responsable de la restauration du XIXe siècle
Origine et histoire
La Manufacture d'armes de Châtellerault a été créée par ordonnance royale le 14 juillet 1819 et installée sur les bords de la Vienne. Le site a été choisi pour son accessibilité au cœur du Centre-Ouest et pour une tradition métallurgique favorable au recrutement d'une main-d'œuvre qualifiée. Conçue à l'origine pour la fabrication d'armes blanches, la manufacture a vu ses productions évoluer vers les armes à feu, le matériel d'artillerie puis les missiles. Les travaux de construction commencèrent en 1820 sous la direction de M. Ledard et de M. Guillebon, avec un bâtiment d'administration, plusieurs ateliers le long de la Vienne et des logements d'ouvriers. De 1819 à 1886, l'organisation du site respectait un plan ordonnancé, symétrique et dégagé, et les constructions étaient en tuffeau et moellons crépis. L'introduction des procédés mécaniques et l'augmentation des effectifs entre 1830 et 1880 entraînèrent la transformation et l'extension des ateliers. Après 1886, l'usage de matériaux comme la fonte, le verre et la brique conduisit à l'apparition de vastes sheds, de halles, de bâtiments pour la force motrice et de hautes cheminées, modifiant fortement le plan d'origine. Pour la fabrication du fusil Lebel, de nombreux bâtiments furent démolis et remplacés entre 1886 et 1891, plusieurs constructions de cette période portant des dates visibles. De 1914 à 1921 furent construites une centrale thermique et une centrale hydroélectrique, et de nouveaux modules en béton et verre firent leur apparition. Dans les années 1950, on reconstruit des bâtiments endommagés pendant la Seconde Guerre mondiale et on modernise ou remplace certains ateliers ; la manufacture produisait également des missiles à cette époque. La mécanisation passa par l'installation d'une turbine Fourneyron en 1844 et le remplacement de roues par des turbines vers 1850. Parmi les productions remarquables figurent le fusil Chassepot, le fusil Lebel, la contribution à l'usinage de canons et la fabrication du fusil-mitrailleur MAC 24/29 à partir de 1924 ; l'établissement a aussi réalisé des commandes pour la Russie avant la Première Guerre mondiale. L'activité industrielle s'est poursuivie jusqu'à la fermeture définitive de l'établissement le 1er novembre 1968. Après la cessation d'activités, une partie des bâtiments a été affectée au Centre d'archives de l'armement, à des services municipaux et à des équipements de l'Éducation nationale. À partir des années 1970, la ville de Châtellerault a acquis le site et engagé un programme de reconversion à dominante culturelle. Les bâtiments conservés abritent aujourd'hui le Grand Atelier, musée Auto Moto Vélo, le Centre des archives de l'armement, la patinoire La Forge, une école nationale de cirque, le conservatoire à rayonnement départemental, des salles de sport, un skate park et une plateforme panoramique aménagée sur deux anciennes cheminées. Surnommée la Manu, la manufacture a ainsi été transformée en un quartier à vocation culturelle tout en conservant son patrimoine industriel.