Frise chronologique
1771
Achat des bâtiments
Achat des bâtiments
1771 (≈ 1771)
Pierre Deruelle acquiert le site à Clignancourt.
25 octobre 1775
Brevet du comte de Provence
Brevet du comte de Provence
25 octobre 1775 (≈ 1775)
Protection officielle accordée à la manufacture.
1779
Perquisition pour polychromie
Perquisition pour polychromie
1779 (≈ 1779)
Découverte d’ateliers utilisant des couleurs interdites.
1787
Autorisation polychromie et or
Autorisation polychromie et or
1787 (≈ 1787)
Alignement sur les privilèges de Sèvres.
1799
Fermeture définitive
Fermeture définitive
1799 (≈ 1799)
Fin de l’activité après la Révolution.
31 mai 1965
Inscription aux monuments historiques
Inscription aux monuments historiques
31 mai 1965 (≈ 1965)
Protection des vestiges restants.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Personnages clés
| Pierre Deruelle - Fondateur et directeur |
Architecte, créateur de la manufacture en 1775. |
| Comte de Provence (Louis XVIII) - Protecteur royal |
Accorda son brevet en 1775. |
| Alexandre Moitte - Directeur (1792-1799) |
Gendre de Deruelle, dernier dirigeant. |
| Pierre Marie Caillois - Repreneure échoué |
Tenta de relancer la manufacture en 1803. |
Origine et histoire
La Manufacture de porcelaine de Clignancourt, fondée en 1775 par l’architecte Pierre Deruelle, fut placée sous la protection du comte de Provence (futur Louis XVIII), qui lui accorda un brevet en 1775. Installée dans le quartier de Clignancourt à Montmartre, elle produisait une porcelaine néoclassique luxueuse, marquée des initiales L.S.X. en référence à son protecteur. Malgré la concurrence de Sèvres, elle obtint en 1787 le droit d’utiliser polychromie et or, après une perquisition révélant des pratiques illégales en 1779.
La manufacture employa jusqu’à 93 ouvriers et prospéra jusqu’à la Révolution. En 1790, Deruelle devint procureur de Montmartre, puis céda la direction à son gendre, Alexandre Moitte, en 1792. La disparition de sa clientèle aristocratique et les difficultés économiques conduisirent à sa fermeture en 1799. Moitte vendit les bâtiments en 1800, et une tentative de relance par Pierre Marie Caillois échoua en 1803. Les vestiges, dont une tourelle d’angle, furent inscrits aux monuments historiques en 1965.
La production de Clignancourt, aujourd’hui visible au musée de Montmartre, se distinguait par sa finesse et son style néoclassique. Après la Révolution, les bâtiments changèrent plusieurs fois de mains avant d’être partiellement démolis en 1909. La manufacture illustre l’âge d’or des porcelaines parisiennes sous l’Ancien Régime, marqué par des rivalités industrielles et des protections princières.
Le site, initialement acquis par Deruelle en 1771, bénéficia d’un monopole de fait grâce à son protecteur, malgré le privilège royal de Sèvres. Les décors en or et les motifs néoclassiques reflétaient les goûts de l’élite pré-révolutionnaire. La fermeture en 1799 marqua la fin d’une ère pour l’artisanat parisien, victime des bouleversements politiques et sociaux.
Les recherches archéologiques et les sources d’époque, comme les travaux de Régine de Plinval de Guillebon, documentent son histoire. Les porcelaines de Clignancourt, moins connues que celles de Sèvres, restent un témoignage rare de l’innovation technique et artistique du XVIIIe siècle à Paris.