Frise chronologique
1736-1740
Construction initiale
Construction initiale
1736-1740 (≈ 1738)
Bâtiments conçus par Jean-François Blondel pour Louis XV.
1811
Extensions par Boyer
Extensions par Boyer
1811 (≈ 1811)
Ajout de halles, fours et ateliers.
1868-1871
Ère industrielle
Ère industrielle
1868-1871 (≈ 1870)
Locaux à vapeur par Mondésir et Debize.
1995
Incendie et déclin
Incendie et déclin
1995 (≈ 1995)
Début de la fin des activités tabagières.
2001
Classement MH partiel
Classement MH partiel
2001 (≈ 2001)
Protection des bâtiments du XVIIIe siècle.
2024
Ouverture Espace des sciences
Ouverture Espace des sciences
2024 (≈ 2024)
Nouvelle vocation culturelle et scientifique.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Façades et toitures des bâtiments non classés ; jardin (cad. BM 243) : inscription par arrêté du 7 août 1997 - Bâtiments du XVIIIe siècle en totalité (A, P, I, B, J et H tels qu'ils figurent sur le plan joint à l'arrêté) ; installation de râpage du bâtiment H ; cases de râpé du bâtiment J ; "cathédrale" (charpente de béton des bâtiments E, E'et G) (cad. BM 243) : classement par arrêté du 3 septembre 2001
Personnages clés
| Jean-François Blondel - Architecte royal |
Conçut les plans initiaux en 1736. |
| Louis XV - Commanditaire royal |
Ordonna la construction du site. |
| François-Renée Dupleix - Fermier général |
Supervisa l’implantation en bord de rivière. |
| Mondésir et Debize - Ingénieurs |
Modernisèrent l’usine au XIXe siècle. |
| Jeanne Added - Artiste inaugurale |
Ouvrit la salle de spectacle du SEW en 2020. |
Origine et histoire
La Manufacture des tabacs de Morlaix fut construite entre 1736 et 1740 sous Louis XV, selon les plans de l’architecte Jean-François Blondel, sur un marécage remblayé en bord de rivière. Ce choix stratégique facilitait le transport des marchandises et protégeait les navires de la houle. Le granit utilisé provenait des îlots de la baie de Morlaix, et l’ensemble initial comprenait trois parties : manufacture, magasins et logis.
Au XIXe siècle, la Manufacture connut son apogée avec plus de 1 700 employés dans les années 1880, devenant un pilier économique local. L’arrivée de la vapeur entre 1868 et 1871 modernisa la production, mais réduisit progressivement les effectifs. Les femmes, appelées butunières, y jouèrent un rôle clé, notamment dans la fabrication des cigares et cigarettes, marquant la vie sociale de Morlaix.
Le déclin s’amorça au XXe siècle, marqué par un incendie en 1995 et la fermeture définitive en 2004. Depuis, le site a été reconverti en un pôle mixte alliant habitat, culture (avec le projet SEW incluant un cinéma et un théâtre), enseignement (IUT de Brest) et sciences. L’Espace des sciences, ouvert en 2024, valorise aujourd’hui son patrimoine industriel et sa mémoire ouvrière.
Classée partiellement aux monuments historiques en 2001, la Manufacture conserve des éléments remarquables comme la cathédrale (charpente en béton imitant le bois) et les machines à râper le tabac. Son jardin et ses façades sont inscrits depuis 1997. La reconversion a préservé 21 000 m2 de plancher sur les 31 000 initiaux, intégrant le site dans la vie contemporaine de Morlaix.
L’architecture reflète quatre campagnes de construction : le noyau du XVIIIe siècle, les extensions de 1811 (halles et fours par Boyer), les ateliers à vapeur (1868-1871), et les bâtiments des années 1920-1930. Les ingénieurs Mondésir et Debize conçurent notamment l’installation de râpage pour la poudre à priser, toujours visible.
Aujourd’hui, la Manufacture symbolise la résilience du patrimoine industriel breton. Ses murs abritent désormais des expositions immersives, des salles de spectacle, et des logements, tout en célébrant l’héritage des ouvriers qui firent sa renommée pendant trois siècles.