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Manufacture des tabacs à Riom dans le Puy-de-Dôme

Puy-de-Dôme

Manufacture des tabacs

    2 Place Eugene Rouher
    63200 Riom
Propriété d'une société privée

Frise chronologique

Révolution/Empire
XIXe siècle
Époque contemporaine
1900
2000
1863
Visite de Napoléon III
1er février 1869
Début de la production
1878–1883
Construction des bâtiments
1907
Électrification et agrandissement
1975
Désaffectation du site historique
2004
Classement monument historique
2020–2024
Réhabilitation par Hermès
Aujourd'hui
Aujourd'hui

Patrimoine classé

Les façades et toitures de la manufacture comprenant les bâtiments A, B, C, D, F, G, K, L, M, N, O, R, S, X, ainsi que la cheminée industrielle, les cheminées d'aération des bâtiments C et D, le clocher et le cadran de l'horloge du bâtiment D, les ponts métalliques entre les bâtiments B et D et D et C (cad. BK 383) : inscription par arrêté du 13 octobre 2004

Personnages clés

Eugène Rouher - Ministre d'État et natif de Riom Initiateur du projet lors de la visite de Napoléon III.
René Dargnies - Ingénieur en chef Concepteur des plans de la manufacture (1877–1883).
Napoléon III - Empereur des Français Visita Riom en 1863, appuyant la création.

Origine et histoire

La manufacture des tabacs de Riom, surnommée la manu, fut fondée en 1869 dans un contexte de forte demande nationale en tabac. Initialement installée dans des locaux provisoires (anciens abattoirs puis caserne Vercingétorix), elle employait déjà 504 ouvriers en 1875, majoritairement des cigarières. Son implantation définitive fut décidée grâce à l’appui du ministre Eugène Rouher, natif de Riom, qui soutint le projet lors de la visite de Napoléon III en 1863. La construction des bâtiments définitifs, conçus par l’ingénieur René Dargnies, débuta en 1878 sur un terrain de 32 hectares près de la gare, intégrant des innovations comme l’isolement des ateliers pour limiter les risques d’incendie.

La manufacture adopta un plan en H inspiré des modèles de Châteauroux et Nantes, avec des bâtiments en pierre de Volvic et des passerelles métalliques. Dès 1877, des vestiges gallo-romains (murs, puits, céramiques, et une statuette d’Harpocrate) furent découverts lors des fondations, révélant un passé antique sur le site. La mécanisation s’accéléra dans les années 1890, avec une électrification en 1907 qui porta la production de 2 200 tonnes (1906) à 3 300 tonnes (1909). Un agrandissement majeur eut lieu en 1936 pour répondre à la hausse de la consommation de cigarettes, avant une désaffectation en 1975 au profit d’une nouvelle usine en périphérie.

Fermée définitivement en 2017, marquant la fin de la production de tabac en France, la manufacture fut inscrite aux monuments historiques en 2004. Une partie des bâtiments fut réhabilitée dans les années 2000 pour accueillir des bureaux, puis rachetée en 2020 par Hermès. Depuis 2022, deux bâtiments abritent un atelier de maroquinerie (280 salariés) et un centre de formation (1 600 élèves), inaugurés en septembre 2024. Le site, symbole du patrimoine industriel français, allie ainsi histoire et reconversion économique.

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