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Manufacture nationale des Gobelins à Paris 1er dans Paris 13ème

Musée Patrimoine Manufacture de tapisserie Manufacture

Manufacture nationale des Gobelins

  • 42 Avenue des Gobelins
  • 75013 Paris 13e Arrondissement
Manufacture nationale des Gobelins
Manufacture nationale des Gobelins
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Manufacture nationale des Gobelins
Crédit photo : LPLT - Sous licence Creative Commons
Propriété de l'Etat
75013 Paris, 42 Avenue des Gobelins

Frise chronologique

Bas Moyen Âge
Renaissance
Temps modernes
Révolution/Empire
XIXe siècle
Époque contemporaine
1400
1500
1600
1700
1800
1900
2000
1443
Première mention des Gobelin
1601
Fondation par Henri IV
1662
Création de la manufacture royale
1667
Édit royal d’organisation
1793
Destruction révolutionnaire
1824-1883
Révolution chromatique de Chevreul
1871
Incendie pendant la Commune
1993
Classement monument historique
2007
Réouverture de la Galerie
Aujourd'hui
Aujourd'hui

Patrimoine classé

Manufacture, ainsi que les sols correspondants (cad. EV 22) : classement par arrêté du 24 mars 1993

Personnages clés

Henri IV - Roi de France Fonda la manufacture en 1601.
Jean-Baptiste Colbert - Surintendant des Bâtiments Réorganisa la manufacture en 1662.
Charles Le Brun - Premier peintre du roi Dirigea les Gobelins de 1663 à 1690.
Jean Glucq - Teinturier hollandais Introduisit la teinture écarlate.
Eugène Chevreul - Chimiste et directeur Réforma les teintures (1824-1883).
Michel-Eugène Chevreul - Directeur des teintures Auteur du cercle chromatique.

Origine et histoire de la Manufacture des Gobelins

La manufacture des Gobelins trouve ses origines au XVe siècle avec la famille Gobelin, teinturiers renommés pour leurs écarlates, installés près de la Bièvre dans le faubourg Saint-Marcel. Leur réputation éclipsa celle des autres artisans, donnant son nom au quartier et à la rivière. En 1601, Henri IV y installa deux tapissiers flamands, Marc de Comans et François de La Planche, pour réduire les importations de tapisseries étrangères. Le roi leur octroya des privilèges exclusifs, des exemptions fiscales et un logement gratuit, marquant le début d’une production locale de haute qualité.

Sous Louis XIV, Colbert réorganisa la manufacture en 1662, regroupant les ateliers parisiens dans l’ancien Clos Eudes de Saint-Merry. Il nomma Charles Le Brun, premier peintre du roi, à sa direction. Ce dernier y implanta des équipes d’artistes (peintres, tapissiers, orfèvres) et produisit des tentures destinées aux résidences royales et aux présents diplomatiques. La manufacture devint un symbole du faste versaillais, avec des innovations comme la teinture « à la hollandaise » introduite par Jean Glucq. En 1667, un édit royal officialisa son organisation, accordant des avantages sociaux aux ouvriers.

La Révolution française marqua un tournant critique : la manufacture, attaquée pour ses symboles monarchiques, vit ses commandes chuter et ses effectifs réduits. En 1793, des tapisseries aux motifs féodaux furent brûlées, et en 1795, des séries royales furent détruites pour récupérer l’or et l’argent. Malgré ces pertes, la manufacture survécut grâce à des réformes, comme la réouverture de l’école des apprentis. Sous Napoléon, elle connut un regain d’activité, tissant des scènes impériales d’après David ou Gros, avant de se recentrer sur des commandes étatiques sous la Restauration.

Au XIXe siècle, les innovations se multiplièrent : en 1825, les métiers de basse lisse furent transférés à Beauvais, et la manufacture se spécialisa en haute lisse. Eugène Chevreul, directeur des teintures de 1824 à 1883, révolutionna la palette des couleurs avec son cercle chromatique, réduisant de moitié le nombre de teintes nécessaires. La Savonnerie, initialement installée à Chaillot, rejoignit le site en 1826. Malgré l’incendie de 1871 pendant la Commune, qui détruisit une partie des bâtiments et des collections, la reconstruction permit une modernisation.

Au XXe siècle, la manufacture s’ouvrit à l’art contemporain, collaborant avec des artistes majeurs comme Picasso, Léger, Miró ou Vasarely. Classée monument historique en 1993, elle dépend aujourd’hui du Mobilier national et perpétue un double héritage : la conservation des techniques anciennes (teintures naturelles, métiers à tisser traditionnels) et l’adaptation aux créations modernes. La Galerie des Gobelins, rénovée en 2007 pour son 400e anniversaire, expose désormais les collections du Mobilier national.

L’architecture du site, marquée par des agrandissements successifs (chapelle de Jacques V Gabriel en 1723, bâtiments de François Chabrol en 1870, musée de Formigé et Jaussely en 1912), conserve une cohérence historique. Les façades ornées de cariatides par Injalbert et de bas-reliefs par Landowski témoignent de son prestige. La manufacture reste un lieu de formation, de production et d’exposition, illustrant quatre siècles de patrimoine textile français.

Devenir actuel

À l'initiative d'Arnauld Brejon de Lavergnée, la Galerie des Gobelins a rouvert ses portes en 2007 comme lieu d'exposition des collections du Mobilier national pour fêter les 400 ans de la création de la Manufacture des Gobelins par Henri IV.

Liens externes

Conditions de visite

  • Conditions de visite : Ouvert toute l'année
  • Période d'ouverture : Horaires, jours et tarifs sur le site officiel ci-dessus.
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