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Manufacture dans les Vosges

Manufacture

    7 La Manufacture
    88240 La Vôge-les-Bains
Propriété d'une société privée
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Crédit photo : Cham ( Christian Amet ) - Sous licence Creative Commons

Frise chronologique

Temps modernes
Révolution/Empire
XIXe siècle
Époque contemporaine
1700
1800
1900
2000
1733
Fondation de la manufacture
1735
Construction de la chapelle
1777
Rachat par les Falatieu
1792
Essor sous Joseph Falatieu
1843
Société Falatieu et compagnie
1951
Fin des activités industrielles
1988
Classement monument historique
Aujourd'hui
Aujourd'hui

Patrimoine classé

Façades et toitures des bâtiments ainsi que le canal (cad. E 123, 381, 382, 384, 394, 396, 402, 403) : inscription par arrêté du 4 février 1988

Personnages clés

Élisabeth-Charlotte d’Orléans - Duchesse régente Accorde la lettre patente en 1733.
Georges Puton - Maître de forges et fermier général Dirige la construction initiale (1733–1737).
Claude Thomas Falatieu - Propriétaire et modernisateur Rachète le site en 1777.
Joseph Falatieu - Industriel innovant Développe la production de fer-blanc en 1792.
Julie-Victoire Daubié - Première bachelière de France Née à la Manufacture en 1824.
Eric Chavane - Sauveur du site Entreprend la restauration en 1983.

Origine et histoire

La Manufacture royale de Bains-les-Bains fut fondée en 1733 par lettre patente accordée par la duchesse Élisabeth-Charlotte, régente du duché, aux frères Jean-François et Claude Coster, ainsi qu’à leurs associés savoyards Georges Puton et Jean-Baptiste Villiez. Ce site industriel, dédié à la production de fer-blanc (fer étamé), bénéficiait de privilèges royaux, dont l’usage du bois des forêts ducales et la franchise du droit d’eau sur la rivière Côney. Les premiers bâtiments, construits entre 1733 et 1737, comprenaient un château, une chapelle, des ateliers et des logements pour ouvriers, exploitant la force hydraulique et les ressources forestières locales.

En 1777, Claude Thomas Falatieu rachète la manufacture et modernise le site en ajoutant un canal, une fonderie et de nouveaux ateliers. Sous la direction de Joseph Falatieu en 1792, l’établissement connaît un essor majeur dans la production de fer-blanc, avant d’être vendu puis racheté en 1796. La Révolution menace sa survie en supprimant les privilèges d’approvisionnement en bois, bien que l’usage de la houille de Ronchamp se développe dès la fin du XVIIIe siècle. Au XIXe siècle, l’activité pivote vers la fabrication de clous à chevaux, avant de cesser définitivement en 1951.

Le site, sauvé de la ruine par Eric Chavane dans les années 1980, est inscrit aux monuments historiques en 1988. Aujourd’hui, la Manufacture, son parc arboré et sa chapelle sont ouverts au public pour des visites, concerts et animations. Son histoire illustre l’évolution industrielle des Vosges, marquée par l’innovation technique, les défis énergétiques et le patrimoine architectural préservé. La manufacture est aussi le lieu de naissance de Julie-Victoire Daubié (1824–1874), première bachelière de France, fille d’un directeur de l’établissement.

L’architecture du site reflète son expansion progressive : la chapelle (1735), la halle au charbon (1779, reconstruite en 1859), les logements ouvriers (XVIIIe–XIXe siècles), et les ateliers transformés en clouterie puis en saboterie après 1914. Les bâtiments, organisés autour d’un parc et d’un canal, témoignent de l’organisation sociale et technique d’une manufacture royale devenue un symbole du patrimoine industriel lorrain.

Liens externes