Origine et histoire du Marché
Le marché de La Chapelle, aussi appelé marché de l'Olive en référence à la rue qui le longe, est un marché couvert du quartier de la Chapelle dans le 18e arrondissement de Paris. La halle qui abrite des commerces de bouche permanents a été construite entre 1883 et 1885 par Auguste-Joseph Magne, suivant l'exemple des halles centrales de Paris dessinées par Baltard. Les plans sont consultables sur le site des bibliothèques patrimoniales de Paris. La halle est inscrite à l'inventaire supplémentaire des monuments historiques depuis le 8 mars 1982.
L'origine du site remonte au Moyen Âge, lorsque la foire du Lendit s'étendait le long de l'Estrée, de Saint-Denis au col de La Chapelle. Cette foire donna le toponyme « la Mercade », déjà mentionné en 1540, et contribua à l'appellation de la rue Marcadet. Au XIXe siècle, le secteur était délimité au nord par la rue du Bon-Puits (actuelle rue de Torcy), au sud par la route de la Tournelle (actuelle rue Riquet), à l'ouest par la rue des Vertus (actuelle rue Pajol) et à l'est par la route nationale (actuelle rue de la Chapelle).
Quelques années avant la Révolution, un certain Chéradame obtint le transfert à La Chapelle du marché aux vaches laitières qui se tenait dans la plaine des Sablons ; ce marché, surnommé « marché aux vaches grasses de la Chapelle », figura en 1811 parmi les quatre marchés autorisés à Paris. Une ordonnance de police de 1821 autorisa la tenue d'un marché aux vaches laitières et aux vaches grasses le mardi dans la maison Jamet rue du Bon-Puits n°11, ainsi que d'un marché aux porcs vivants le jeudi sur la grande place de la commune. En 1837, le lieu était couramment appelé « marché de la Chapelle Saint-Denis » et destiné spécifiquement aux vaches, veaux et taureaux réformés ; un marché à la paille et aux fourrages se tenait sur la route de la Chapelle lorsque le marché était fermé.
Concurrencé par le marché aux bestiaux de la Villette, il disparut en 1860 lors du rattachement de la commune de La Chapelle à Paris et laissa place aux rues du Canada, de la Louisiane, de la Guadeloupe, de la Martinique et à la rue L'Olive. Des demandes de réouverture furent formulées en 1880 sans résultat. En 1858, des marchands de comestibles de la rue Doudeauville furent transférés sous la halle en raison de travaux de voirie.
L'édification du bâtiment couvert et fermé par Auguste-Joseph Magne entre 1883 et 1885 a permis d'offrir un espace pérenne aux commerçants ; la halle fut transformée en marché alimentaire après la Première Guerre mondiale. Deux campagnes de restauration ont suivi la Seconde Guerre mondiale, en 1958 et en 2010 ; la restauration de 1958 s'est faite dans le respect du style Baltard. Les travaux de 2010 ont renforcé la structure, remplacé les panneaux de toiture et de façade, vitrifié les entrées, introduit des stands modulables et repensé l'aménagement intérieur pour le rendre plus convivial et esthétique.
Orientée nord-sud, la halle ouvre sur la rue de Torcy au nord, la rue de la Martinique à l'est, la rue de la Guadeloupe au sud et la rue de l'Olive à l'ouest, avec des accès sur chacune de ces rues. Vingt commerçants y sont installés : on y trouve un traiteur africain, une épicerie traditionnelle, un fleuriste, deux bouchers, deux charcutiers, un volailler, un fromager, un traiteur marocain, un traiteur italien, un épicier de produits portugais, quatre primeurs, une épicerie biologique, un salon de thé et deux poissonniers. La qualité de l'offre s'inscrit dans la politique municipale des marchés alimentaires parisiens, visant un service de proximité et la convivialité du quartier.
Le marché est ouvert du mardi au vendredi de 9 h à 13 h et de 16 h à 19 h 30, le samedi de 9 h à 13 h et de 15 h 30 à 19 h 30, et le dimanche de 8 h 30 à 13 h.