Origine et histoire du Marché
Le Carreau du Temple, situé dans le 3e arrondissement de Paris, est un ancien marché couvert construit au XIXe siècle. À l’origine, ce site abritait un marché médiéval prospère, bénéficiant de privilèges comme le droit d’asile pour les débiteurs insolvables. Au début du XIXe siècle, il devint un marché spécialisé dans la friperie et les vieux vêtements, avec des hangars en bois construits entre 1809 et 1811. Ces installations furent remplacées en 1863-1865 par six pavillons modernes en fonte, verre et brique, conçus par les architectes Ernest Legrand et Jules de Mérindol.
En 1904, le Carreau accueillit la première Foire de Paris, mais quatre des six pavillons furent démontés dès 1905. Le marché connut un déclin progressif à partir des années 1950, passant de 1 000 marchands à une dizaine dans les années 2000. Menacé de démolition en 1976 pour laisser place à un parking, il fut sauvé grâce à une mobilisation citoyenne. Classé monument historique en 1982, il fut entièrement restauré entre 2007 et 2014 pour devenir un espace pluridisciplinaire mêlant culture, sport et événements.
Le Carreau du Temple fut aussi un lieu festif et culturel. Au XIXe siècle, il abritait des goguettes, sociétés chantantes comme les Enfants de la Goguette, et organisait chaque année une cavalcade carnavalesque pour la Mi-Carême, avec l’élection d’une reine. Ces traditions disparurent au XXe siècle. Aujourd’hui, le site propose une programmation variée : danse contemporaine, concerts, expositions, sports, et résidences artistiques, tout en préservant son héritage commercial et architectural.
Les fouilles archéologiques menées en 2003 révélèrent l’abside de l’église Sainte-Marie-du-Temple, rappelant l’histoire médiévale du lieu. Le projet de rénovation, mené par l’architecte Jean-François Milou, intégra des espaces modernes comme un auditorium de 250 places, des studios de danse, et des salles polyvalentes. Le Carreau est désormais géré par une société publique locale, alliant subventions municipales et ressources propres pour financer ses activités.
Le marché historique était organisé en pavillons spécialisés, comme le Carré du Palais-Royal (tapis, soieries) ou le Carré de la Forêt-Noire (cuir). Ces divisions reflétaient la diversité commerciale du site, qui attirait jusqu’à 4 000 personnes à la fin du XVIIIe siècle. La Rotonde, construite en 1788-1790, était un lieu privilégié pour les boutiques, grâce à son statut d’extraterritorialité. Ces éléments disparurent avec les reconstructions successives, mais le nom Carreau persista, évoquant son passé de lieu d’échange et de rencontre.