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Mât-pilote Fénoux à Audierne dans le Finistère

Mât-pilote Fénoux

    1 Lieu dit dle Môle
    29770 Audierne
Propriété de la commune
Mât-pilote Fénoux
Mât-pilote Fénoux
Crédit photo : Croco206 - Sous licence Creative Commons

Frise chronologique

Temps modernes
Révolution/Empire
XIXe siècle
Époque contemporaine
1800
1900
2000
1832
Invention du système
25 juin 1839
Première expérimentation
juin 1841
Construction à Audierne
décembre 1843
Mise en service
1882
Déplacement du mât
années 1960
Démontage du mât
5 juillet 2022
Classement MH
2023-2024
Restauration complète
14 juin 2024
Inauguration
Aujourd'hui
Aujourd'hui

Patrimoine classé

Le mât-pilote Fénoux en totalité avec sa parcelle d’assiette. Le mât-pilote est situé au Môle, cadastré section AL parcelle n° 422 : inscription par arrêté du 5 juillet 2022

Personnages clés

Julien-Joseph-Hippolyte Fénoux - Inventeur et capitaine de corvette Créateur du système en 1832.
Josiane Péné - Première femme sémaphoriste française 36 ans au sémaphore de Plouhinec.

Origine et histoire

Le mât-pilote Fénoux est un dispositif de signalisation maritime conçu pour faciliter l’accès des navires aux ports par mauvais temps, lorsque les pilotes lamaneurs ne pouvaient embarquer. Inventé en 1832 par Julien-Joseph-Hippolyte Fénoux, capitaine de corvette, ce système utilisait un mât de 12 mètres équipé d’une aile triangulaire, d’une boule noire et d’un drapeau rouge orientables. Ces signaux optiques indiquaient aux navires la route à suivre, les manœuvres à effectuer, ou l’obligation de prendre le large selon les conditions. Un règlement encadrait son fonctionnement, et son utilité fut reconnue par les Conseils Généraux du Morbihan et du Finistère.

La première expérimentation eut lieu à Port-Louis le 25 juin 1839. Le Conseil Général du Finistère décida ensuite la construction d’un mât à Audierne, achevé en juin 1841 près du couvent des Capucins, mais mis en service seulement en décembre 1843. Malgré des réticences de la Commission des Phares, qui y voyait une concurrence, plusieurs autres mâts Fénoux furent installés en France, notamment à Saint-Nazaire (1843), Clohars-Carnoët (1847), Plouhinec (1867) et Bayonne (1868). Julien Fénoux, décoré de la Légion d’honneur et de l’ordre de Saint-Louis, mourut en 1847 à Lorient et fut inhumé à Audierne.

Le mât d’Audierne fut déplacé en 1882 au Môle du Raoulic pour s’adapter aux aménagements portuaires. Son utilisation cessa au XXe siècle, et son mât métallique fut démonté dans les années 1960, ne laissant que la tourelle de base, classée monument historique en 2022. Grâce à un financement participatif et public (Fondation du Patrimoine, mission Bern, Région Bretagne, etc.), un nouveau mât de 14 mètres, doté d’une flèche pivotante de 7 mètres, fut réinstallé fin 2023 par l’entreprise Corlay. L’édifice rénové a été inauguré le 14 juin 2024.

Parmi les autres vestiges des mâts Fénoux, celui de Clohars-Carnoët est aujourd’hui une habitation privée, tandis que celui de Plouhinec, remplacé en 1961 par un sémaphore moderne, reste le dernier sémaphore civil actif en France. Géré par la Compagnie des Ports du Morbihan, il perpétue la fonction originelle de signalisation maritime. Le port d’Audierne, réputé dangereux en raison de sa barre et des vents du sud amplifiant les vagues, a ainsi bénéficié pendant un siècle de ce système, étendu de Bayonne à la Bretagne.

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