Origine et histoire du Mausolée de Glanum
Le mausolée de Glanum, situé au sud de Saint-Rémy-de-Provence, est un monument gallo-romain érigé entre -30 et -20 av. J.-C. Considéré comme un cénotaphe, il honore probablement des membres de la famille des Julii, Gaulois ayant obtenu la citoyenneté romaine pour services rendus à Jules César ou Auguste. Son état de conservation exceptionnel révèle une structure complexe en trois étages : une base cubique sculptée de scènes mythologiques et historiques, un niveau intermédiaire en tétrapyle (quatre arcades), et un temple rond sommital abritant les statues des défunts en toge, symbole de leur statut romain.
La partie basse, sans chambre funéraire, porte des bas-reliefs illustrant des batailles mythiques (Grecs vs Amazones, chasse du sanglier de Calydon) et une scène interprétée comme l'octroi de la citoyenneté romaine à un ancêtre des défunts, récompensé pour un exploit militaire. Ces représentations glorifient les vertus guerrières et l'ascension sociale de la famille. La frise intermédiaire, ornée de créatures marines et d'un disque solaire, marque la transition entre le monde terrestre des combats et le monde céleste, évoqué par la tholos (temple rond) sommital.
Le monument porte une inscription dédiée par Sextus, Marcus et Lucius, fils de Caius Julius, à leurs parents. Leur nomen Julius indique une origine gauloise, leur ancêtre ayant adopté ce nom après avoir servi dans l’armée romaine, probablement sous César ou Auguste. Classé dès 1840 parmi les monuments historiques, le mausolée forme avec l’Arc voisin les « Antiques de Saint-Rémy-de-Provence », témoignages majeurs de la romanisation en Gaule narbonnaise.
Henri Rolland propose une interprétation alternative : le mausolée pourrait commémorer Caïus et Lucius César, petits-fils de l’empereur Auguste, bien que cette hypothèse reste débattue. La forme architecturale, rare en Gaule, s’inspire de modèles italiens et africains, avec une hauteur de 16 mètres et une décoration allégorique liant exploits militaires, mythologie et intégration à l’Empire. Les togati (statues en toge) du sommet incarnent l’aboutissement de ce parcours, soulignant le prestige conféré par la citoyenneté romaine.
Le site, situé près des ruines de Glanum, illustre le syncrétisme culturel gallo-romain. Les scènes sculptées mêlent récits grecs (guerre de Troie, Patrocle) et symboles romains (disque solaire, océan), reflétant l’assimilation des élites locales. La face est de la base, unique représentation non mythologique, montre un cavalier protégé par un bouclier central — peut-être le défunt — et sa famille recevant un document officiel, scellant leur nouvelle identité romaine.