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Mémorial de la Shoah de Drancy en Seine-Saint-Denis

Musée Musée de la guerre 39-45 Musée de la résistance et de la déportation

Mémorial de la Shoah de Drancy

    Avenue Jean Jaurès
    93700 Drancy

Frise chronologique

Antiquité
Haut Moyen Âge
Moyen Âge central
Bas Moyen Âge
Renaissance
Temps modernes
Révolution/Empire
XIXe siècle
Époque contemporaine
0
100
1900
2000
20-24 août 1941
Première grande rafle
août 1941
Création du camp
27 mars 1942
Premier convoi pour Auschwitz
16 juillet 1942
Rafle du Vél' d'Hiv'
17 août 1944
Libération du camp
1976
Inauguration du mémorial
Aujourd'hui
Aujourd'hui

Personnages clés

Theodor Dannecker - Chef SS du camp (1941-1942) Organisateur des premières déportations et conditions inhumaines.
Heinz Röthke - Chef SS du camp (1942-1943) Supervisa 40 000 déportations vers Auschwitz.
Alois Brunner - Chef SS du camp (1943-1944) Fuit en 1944 avec un dernier convoi.
Raoul Nordling - Consul de Suède Négocia la libération du camp en août 1944.
Shelomo Selinger - Sculpteur du mémorial Auteur de l'œuvre inaugurée en 1976.
Max Jacob - Poète et peintre Mort à Drancy en 1944 avant sa déportation.

Origine et histoire

Le camp d'internement de Drancy, situé dans la cité de la Muette à Drancy (Seine-Saint-Denis), fut créé en août 1941 par les autorités allemandes dans un bâtiment en U inachevé, conçu initialement comme logement social. Réquisitionné en 1940 pour des prisonniers de guerre, il devint sous l'Occupation le principal lieu de rassemblement des Juifs avant leur déportation vers les camps d'extermination, notamment Auschwitz. Dirigé successivement par les SS Theodor Dannecker, Heinz Röthke et Alois Brunner, le camp fut le point de départ de 66 convois (1942-1944), déportant 63 000 des 76 000 Juifs arrêtés en France.

La première grande rafle eut lieu du 20 au 24 août 1941, ciblant 4 232 Juifs parisiens internés à Drancy. Les conditions y étaient délibérément inhumaines : sous-alimentation, maladies (117 morts par cachexie ou pathologies non soignées), et brutalités des gendarmes français et gardiens SS. À partir de mars 1942, Drancy devint un camp de transit vers les chambres à gaz, avec des convois partant des gares du Bourget (1942-1943) puis de Bobigny (1943-1944). Parmi les victimes célèbres figurent le poète Max Jacob, mort au camp en 1944, et les 44 enfants d'Izieu, déportés via Drancy.

Libéré le 17 août 1944 par la Croix-Rouge et le consul de Suède Raoul Nordling, le camp servit brièvement à l'épuration avant de redevenir un ensemble d'habitations. En 1976, un mémorial fut érigé par Shelomo Selinger, symbolisant la lettre hébraïque Shin et les 10 Justes de la tradition juive. Classé monument historique en 2001, le site abrite aujourd'hui un centre d'histoire et d'éducation inauguré en 2012, tandis que les immeubles de la Muette restent des logements sociaux, leur passé souvent méconnu des résidents.

Le camp comptait plusieurs annexes parisiennes : Austerlitz (tri de meubles pillés), Lévitan (bagages), Bassano (couture pour les SS), et des lieux comme l'hôpital Rothschild ou l'UGIF. Après-guerre, 15 gendarmes collaborateurs furent jugés en 1947, mais seuls deux condamnés à deux ans de prison, malgré des témoignages de brutalités. Drancy reste le seul site français cité à Yad Vashem parmi les lieux emblématiques de la Shoah.

Les convois, organisés avec la logistique de la SNCF, étaient escortés par des gendarmes français jusqu'en 1943, puis par des policiers allemands. Le dernier convoi, le 17 août 1944, permit la fuite d'Alois Brunner avec 51 otages, dont Marcel Dassault. Parmi les 76 000 déportés de France, moins de 2 000 survécurent. Les archives révèlent aussi des graffiti sur carreaux de plâtre, conservés aux Archives nationales depuis 2012.

Liens externes

Conditions de visite

  • Conditions de visite : Ouvert toute l'année
  • Contact organisation : 01 42 77 44 72