Frise chronologique
1941-1944
Période des déportations
Période des déportations
1941-1944 (≈ 1943)
200 000 Français déportés dans les camps nazis.
12 avril 1962
Inauguration par de Gaulle
Inauguration par de Gaulle
12 avril 1962 (≈ 1962)
Ouverture officielle du mémorial au public.
29 février 1964
Don à l'État
Don à l'État
29 février 1964 (≈ 1964)
Transfert de propriété par le Réseau du Souvenir.
23 novembre 2007
Classement Monument Historique
Classement Monument Historique
23 novembre 2007 (≈ 2007)
Protection intégrale du site par l'État.
2015
Restauration majeure
Restauration majeure
2015 (≈ 2015)
Modernisation compatible avec son caractère brut.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Le Mémorial (cad. 04 : 02 AK 52) : classement par arrêté du 2 octobre 1992
Personnages clés
| Georges-Henri Pingusson - Architecte du mémorial |
Concepteur du projet architectural symbolique. |
| Charles de Gaulle - Président de la République |
Inaugura le mémorial en 1962. |
| Christophe Batard - Architecte en chef (restauration) |
Dirigea les travaux de rénovation en 2015. |
| Réseau du Souvenir - Association commanditaire |
Initiatrice et donatrice du monument à l'État. |
Origine et histoire
Le Mémorial des Martyrs de la Déportation, situé à la pointe est de l’île de la Cité dans le 4e arrondissement de Paris, est un hommage aux 200 000 déportés de France entre 1941 et 1944. Commandé par le Réseau du Souvenir et offert à l’État en 1964, il fut conçu par l’architecte Georges-Henri Pingusson et inauguré le 12 avril 1962 par le général de Gaulle. Son architecture, volontairement austère, évoque les souffrances des déportés : un escalier étroit mène à une crypte sombre où 200 000 bâtonnets de verre symbolisent les victimes, tandis qu’une tombe abrite les restes d’un déporté inconnu transférés du Struthof.
La crypte, faiblement éclairée, abrite des urnes contenant de la terre des camps nazis et des cendres de fours crématoires. Les murs portent des citations d’auteurs comme Robert Desnos, Paul Éluard ou Jean-Paul Sartre, renforçant la dimension poétique et mémorielle. Une embrasure vers la Seine isole symboliquement les visiteurs du monde extérieur, créant une atmosphère de recueillement. Le mémorial, classé monument historique en 2007, fait partie des hauts lieux de la mémoire nationale gérés par le ministère des Armées.
Rénové en 2015 sous la direction de l’architecte Christophe Batard, le site a préservé son caractère brut tout en améliorant l’accessibilité. Un nouvel accueil et des visites guidées gratuites y sont proposés. Chaque dernier dimanche d’avril, une cérémonie commémore la Journée nationale du souvenir de la déportation. Le mémorial, libre d’accès, reste un lieu de transmission de l’histoire et de réflexion sur les crimes nazis.
L’édifice se distingue par son béton martelé incrusté de graviers français, évoquant une pierre naturelle. Sa forme triangulaire et ses espaces confinés visent à traduire l’oppression subie par les déportés. Les salles supérieures abritent une exposition permanente, tandis que la symbolique du lieu — entre Seine et ciel — rappelle à la fois l’absence des disparus et l’espoir de mémoire perpétuelle.