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Mémorial du Camp de Rivesaltes dans les Pyrénées-Orientales

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Mémorial du Camp de Rivesaltes

    Chemin de Tuchan à Sainte-Marie
    66600 Rivesaltes

Frise chronologique

XIXe siècle
Époque contemporaine
1900
2000
1935
Fondation du camp Joffre
14 janvier 1941
Ouverture officielle du camp civil
26 août 1942
Rafle des Juifs de zone libre
22 novembre 1942
Fermeture du centre d’hébergement
1962-1964
Accueil des Harkis
16 octobre 2015
Inauguration du Mémorial
Aujourd'hui
Aujourd'hui

Personnages clés

Joseph Joffre - Officier d’artillerie Propose le camp en 1875.
Serge Klarsfeld - Historien Documente les déportations depuis Rivesaltes.
Christian Bourquin - Président du Conseil général Porteur du projet mémoriel dans les années 1990.
Rudy Ricciotti - Architecte Conçoit le Mémorial inauguré en 2015.
Anne Boitel - Historienne Spécialiste de l’internement à Rivesaltes (1941-1942).
Robert Badinter - Parrain du Mémorial Soutien symbolique du projet.

Origine et histoire

Le camp Joffre, dit « camp de Rivesaltes », fut fondé en 1935 comme centre militaire d’instruction sur 600 hectares, à cheval sur Rivesaltes et Salses. Initialement destiné à l’entraînement des troupes, il fut rapidement détourné pour interner des populations civiles durant des périodes troubles de l’histoire française. Son rôle évolua au gré des crises : réfugiés espagnols fuyant le franquisme en 1939, Juifs étrangers et Tziganes sous Vichy (1941-1942), puis Harkis après la guerre d’Algérie (1962-1977).

Pendant la Seconde Guerre mondiale, le camp devint un « centre d’hébergement » sous contrôle de Vichy, accueillant jusqu’à 21 000 internés, dont des familles juives séparées par genre. Entre août et octobre 1942, il servit de « Drancy de la zone libre », point de transit vers Auschwitz pour 2 313 Juifs. Les associations comme la Cimade y jouèrent un rôle crucial, organisant des évasions et sauvant des enfants en falsifiant des papiers. Après 1942, les Allemands en firent un camp d’instruction pour la Wehrmacht.

Après 1944, le site servit tour à tour de centre d’épuration pour collaborateurs, de dépôt pour prisonniers de guerre allemands (1 814 y moururent entre 1945-1946), puis de camp de transit pour les Harkis à partir de 1962. Environ 22 000 personnes, dont des familles considérées comme « irrécupérables », y furent reléguées avant d’être dispersées vers d’autres sites comme Saint-Maurice-l’Ardoise. De 1986 à 2007, il abritera un centre de rétention administrative pour migrants, critiqué pour ses conditions.

Classé monument historique en 2000, l’îlot F et ses baraquements furent préservés. Un projet mémoriel, porté par Christian Bourquin et l’architecte Rudy Ricciotti, aboutit à l’inauguration du Mémorial en 2015. Le site, symbolisant les internements de masse en France, honore aujourd’hui les mémoires croisées des républicains espagnols, Juifs déportés, Tziganes, Harkis et prisonniers de guerre, à travers des stèles et un musée.

Les archives du camp, partiellement sauvés de la destruction en 1997 grâce à une pétition signée par Simone Veil et Edgar Morin, révèlent l’ampleur des souffrances endurées. Des œuvres comme celles de la Cimade ou du Secours Suisse attestent des tentatives d’humanisation dans l’horreur. Le Mémorial, parrainé par Robert Badinter, vise à transmettre cette histoire complexe, où se mêlent répression étatique, solidarités et résistances.

Aujourd’hui, le Mémorial de Rivesaltes est un lieu pédagogique et commémoratif, rappelant les mécanismes de l’exclusion et de l’internement en France. Les stèles dédiées aux Espagnols (1999), aux Harkis (1995) et aux Juifs déportés (1994) jalonnent le site, tandis que des expositions permanentes explorent les strates de cette mémoire plurielle, des années 1930 à nos jours.

Liens externes

Conditions de visite

  • Conditions de visite : Ouvert toute l'année
  • Contact organisation : 04 68 08 34 90