Origine et histoire du Musée national sud-africain
Le mémorial national sud-africain du bois Delville, situé à Longueval dans la Somme, commémore le sacrifice des soldats de la 1re Brigade d'infanterie sud-africaine lors de la bataille de la Somme en juillet 1916. Pendant cinq jours, ces troupes, commandées par le brigadier-général Henry Timson Lukin, subirent des tirs d'artillerie intenses dans le secteur surnommé Devil Wood (bois du Diable). Sur les 3 200 hommes engagés, seuls 143 en ressortirent indemnes, laissant derrière eux 1 080 tués ou disparus et 1 735 blessés. Ce bois, racheté par l'Union sud-africaine en 1920, fut replanté avec des chênes originaires d'Afrique du Sud, symbolisant la reconquête de la mémoire.
Inauguré le 10 octobre 1926 en présence de dignitaires sud-africains et britanniques, le mémorial fut conçu par l'architecte Herbert Baker. Il comprend un arc de triomphe surmonté d'une sculpture en bronze d'Alfred Turner, représentant Castor et Pollux tenant un cheval, allégorie de l'union des colons anglais et des Boers. Un cénotaphe et une pierre du Souvenir, ajoutée en 1952, honorent également les soldats tombés lors des deux guerres mondiales. Le site inclut un cimetière militaire britannique où reposent 5 523 corps, dont 152 Sud-Africains identifiés.
Le musée commémoratif, inauguré en 1986 par le président Pieter Botha, retrace la participation de l'Afrique du Sud aux conflits du XXe siècle, incluant les deux guerres mondiales et la guerre de Corée. Cependant, son inauguration fut contestée par des associations anti-apartheid, dénonçant l'absence de reconnaissance des soldats noirs sud-africains, alors enterrés dans des fosses communes ou des cimetières dispersés. En 2014, une cérémonie symbolique y inhuma Beleza Miengoua, premier soldat noir sud-africain réinhumé à Longueval, marquant une réconciliation post-apartheid.
Le bois Delville, classé monument historique en 2017, conserve des traces des combats, comme le Dernier Arbre, un charme ayant survécu aux bombardements. Le site, avec son allée centrale bordée de chênes sud-africains et ses bornes commémoratives, est un lieu de mémoire majeur pour l'Afrique du Sud et les nations du Commonwealth. En 2016, un mur de la mémoire y fut ajouté, gravant les noms de 14 000 soldats sud-africains morts au XXe siècle, toutes ethnies confondues.
Le mémorial et le cimetière militaire, situés face à face, illustrent à la fois l'héroïsme des soldats et les tensions historiques liées à la ségrégation raciale en Afrique du Sud. Aujourd'hui, le site symbolise la nation arc-en-ciel, unissant dans la mémoire les combats et sacrifices de tous les Sud-Africains, indépendamment de leur origine ethnique.