Frise chronologique
Néolithique
Construction et utilisation funéraire
Construction et utilisation funéraire
Néolithique (≈ 4100 av. J.-C.)
Période d'érection du menhir et de la sépulture.
1842
Première mention et fouilles
Première mention et fouilles
1842 (≈ 1842)
Découverte lors de travaux routiers.
mai 1866
Déplacement du menhir
Déplacement du menhir
mai 1866 (≈ 1866)
Cassure lors du transfert pour la voie ferrée.
27 juin 1927
Classement monument historique
Classement monument historique
27 juin 1927 (≈ 1927)
Protection officielle par l'État français.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Menhir au bord du chemin n° 11 : classement par arrêté du 27 juin 1927
Personnages clés
| André Prétavoine - Maire de Louviers (1865) |
Initiateur du sauvetage du menhir. |
| M. Marcel - Premier adjoint de Louviers |
Supervisa les fouilles de 1842. |
Origine et histoire
Le menhir de la Basse-Crémonville, situé à Val-de-Reuil (Eure), est mentionné pour la première fois en 1842 lors de travaux routiers. Ce bloc de calcaire sénonien, haut de 3,30 m, était alors décrit comme une pierre pointue, partiellement enterrée. Une fouille à sa base révéla une pointe irrégulière à 1,25 m sous terre, sans objet associé. Une particularité notée était son alignement parallèle à la vallée et une cavité en forme de parallélogramme à son sommet, peut-être liée à des pratiques ultérieures.
Les travaux routiers mirent également au jour une sépulture collective néolithique circulaire de 4,50 m de diamètre, composée de trois niveaux superposés. Chaque niveau contenait des squelettes disposés radialement, têtes vers la paroi et pieds vers le centre, séparés par des moellons. Seuls trois squelettes furent retrouvés intacts, accompagnés d’un fragment de vase grossier et d’une hachette en pierre. La structure, haute de 1,65 m, était recouverte d’une voûte de moellons et du menhir lui-même, suggérant un lien funéraire entre les deux éléments.
En 1865, le menhir fut menacé par la construction de la voie ferrée Louviers-Rouen. Grâce à l’intervention de la Société française d’archéologie, du maire de Louviers André Prétavoine, et de son adjoint M. Marcel (qui avait supervisé les fouilles en 1842), un crédit de 400 francs fut alloué pour son déplacement en mai 1866. L’opération, réalisée par 24 hommes, provoqua la cassure du menhir en deux parties. Il fut alors réinstallé sur un lit de calcaire et de béton, à l’emplacement présumé de la sépulture.
Le menhir présente aujourd’hui une cassure à 1 m du sol, vestige de son déplacement, et une niche carrée près du sommet, peut-être creusée pour y placer une statuette chrétienne ou lors de travaux ultérieurs. Classé monument historique le 27 juin 1927, il appartient désormais au département de l’Eure. Son histoire illustre les défis de préservation des mégalithes face aux aménagements modernes.