Frise chronologique
Néolithique
Construction du menhir
Construction du menhir
Néolithique (≈ 4100 av. J.-C.)
Période d'érection estimée pour le monument.
1851
Ajout d'une niche chrétienne
Ajout d'une niche chrétienne
1851 (≈ 1851)
Creusement sur indication de l’abbé Rousselot.
1888
Déplacement du menhir
Déplacement du menhir
1888 (≈ 1888)
Transport vers le jardin du Mail.
6 janvier 1976
Classement Monument Historique
Classement Monument Historique
6 janvier 1976 (≈ 1976)
Inscription par arrêté officiel.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Personnages clés
| Abbé Rousselot - Vicaire de Saint-Pierre |
Commanditaire de la niche en 1851. |
| Millet de la Turtaudière - Graveur (1865) |
A documenté le menhir encore vertical. |
Origine et histoire
Le Grand menhir de la Garde, aussi nommé Grande pierre du logis de la Garde ou Pierre à vinaigre, est un menhir en granit local, dit granit des Aubiers, situé initialement au sud-ouest de Cholet, près de la route de Maulévrier. D’une hauteur de 3,60 m (dont 70 cm enterrés), il se présentait comme un prisme à section quasi carrée, aux angles arrondis. Son déplacement en 1888 vers le jardin du Mail, sur un chariot tiré par seize bœufs, fut motivé par son affaissement progressif vers la route, nécessitant même un éclairage nocturne pour éviter les accidents.
À l’origine, le menhir était orienté différemment : sa face nord-est, portant une niche creusée en 1851 à la demande de l’abbé Rousselot, abritait une statuette de la Vierge, aujourd’hui disparue. Cette niche fut ajoutée pour christianiser le monument, une pratique courante à l’époque pour réinterpréter les vestiges païens. Le surnom Pierre à vinaigre proviendrait d’une tradition locale de libations de vin sur la pierre, accompagnée d’une plaisanterie consistant à écraser le nez des victimes contre elle pour leur faire sentir une odeur aigre, rituel attesté dans d’autres régions françaises.
Un second menhir, le petit menhir du Champ de la Garde, reste quant à lui en place à environ 300 m au sud-ouest de l’emplacement d’origine du Grand menhir. Ce dernier, classé Monument Historique en 1976, illustre l’importance des sites mégalithiques en Anjou, où le granit fut largement exploité pour ériger ces monuments funéraires ou symboliques dès le Néolithique. Son transport en 1888, couvrant 5 km pour une masse de 30 tonnes, reflète les défis logistiques de l’époque et l’intérêt croissant pour la préservation du patrimoine.
Les menhirs, comme celui de la Garde, étaient souvent associés à des croyances ou des pratiques collectives, bien que leurs fonctions exactes (marqueur territorial, lieu de culte, monument funéraire) restent débattues. À Cholet, ce monument incarne à la fois un héritage préhistorique et les transformations culturelles ultérieures, marquées par la christianisation et les légendes populaires. Son déplacement au XIXe siècle souligne aussi l’évolution de la perception des mégalithes, passés de simples pierres mystérieuses à des objets de patrimoine à protéger.