Frise chronologique
Néolithique (6000–2500 av. J.-C.)
Construction du menhir
Construction du menhir
Néolithique (6000–2500 av. J.-C.) (≈ 4250 av. J.-C.)
Érection durant la préhistoire récente
Ve–VIIIe siècle
Christianisation présumée
Christianisation présumée
Ve–VIIIe siècle (≈ 850)
Ajout d’une croix en période mérovingienne
1889
Classement monument historique
Classement monument historique
1889 (≈ 1889)
Protection officielle par l’État français
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Menhir de Landes-Ros (cad. A 1333) : classement par liste de 1889
Personnages clés
| Saint Michel - Figure légendaire |
Opposant du diable dans la légende locale |
| Paul Bézier - Archéologue (XIXe siècle) |
Auteur d’un inventaire des mégalithes d’Ille-et-Vilaine |
| Jacques Briard - Archéologue (XXe–XXIe siècle) |
Co-auteur d’une étude sur les mégalithes locaux |
Origine et histoire
Le menhir de Landes-Ros, également nommé Pierre Longue ou menhir de Landerosse, est un monument mégalithique érigé durant le Néolithique (6000 à 2500 av. J.-C.). Situé à Noyal-sous-Bazouges, en Ille-et-Vilaine, il se distingue par sa forme pyramidale à quatre faces inégales (1,60 m à 1,80 m de large à la base) et sa hauteur de 5,10 m. Incliné vers le sud, il a été christianisé par l’ajout d’une croix en granite à son sommet, probablement entre le Ve et le VIIIe siècle, lors de la période mérovingienne, pour contrer les pratiques païennes encore présentes.
Selon les sources archéologiques, ce menhir marquait peut-être un lieu de culte ou une limite territoriale entre Bazouges-la-Pérouse et Noyal-sous-Bazouges. Classé au titre des monuments historiques en 1889, il témoigne d’une occupation humaine antérieure à l’arrivée des Celtes en Bretagne. Sa forme et son orientation vers les points cardinaux suggèrent une signification symbolique ou astronomique, bien que celle-ci reste non documentée dans les textes disponibles.
Le folklore local attribue son origine à une légende impliquant le diable : celui-ci, en combat contre l’archange saint Michel, aurait abandonné la pierre sur place avant de lancer une seconde pierre à plusieurs kilomètres, visible aujourd’hui à la Butte en Cuguen. Une autre tradition évoque l’érection du menhir après une bataille, ou la présence d’un trésor enfoui à ses pieds, bien que ces récits relèvent de la mythologie populaire. Les études citées, comme celles de Paul Bézier (1883) ou Jacques Briard (2004), confirment son importance dans l’inventaire mégalithique breton.
La christianisation du menhir, matérialisée par la croix sommitale, reflète une pratique courante au Moyen Âge pour réapproprier les sites païens. Ce processus, attesté dans d’autres régions, visait à effacer les croyances pré-chrétiennes tout en intégrant ces monuments dans le paysage religieux nouveau. Aujourd’hui, le menhir de Landes-Ros reste un vestige emblématique du patrimoine mégalithique d’Ille-et-Vilaine, accessible en bordure de la route D796.
Les descriptions architecturales soulignent sa singularité : un bloc de granite aux faces planes, orientées selon les points cardinaux, surmonté d’une croix monolithe. Les mesures précises (1,60 m à 1,80 m de base) et son inclinaison sud ont été relevées par les archéologues, mais aucune fouille récente n’est mentionnée dans les sources consultées. Son état de conservation, bien que non détaillé, semble stable depuis son classement en 1889.
Enfin, le menhir s’inscrit dans un réseau plus large de sites mégalithiques bretons, comme le menhir de Champ-Dolent à Dol, évoqué dans la légende locale. Ces monuments, souvent associés à des récits mythologiques, illustrent la richesse du patrimoine préhistorique de la région et son appropriation successive par différentes cultures, des bâtisseurs néolithiques aux chrétiens mérovingiens.