Frise chronologique
1784
Fouilles du marquis de la Ryanderie
Fouilles du marquis de la Ryanderie
1784 (≈ 1784)
Observation d'un enfouissement à 4-5 m
18 avril 1914
Classement monument historique
Classement monument historique
18 avril 1914 (≈ 1914)
Protection officielle du menhir
1918
Renversement et bris par les Allemands
Renversement et bris par les Allemands
1918 (≈ 1918)
Dommages pendant la Première Guerre
1923
Étude de Léon Desailly
Étude de Léon Desailly
1923 (≈ 1923)
Publication sur les mégalithes de la Sensée
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Menhir dit La-Pierre-du-Diable ou La Borne-des-Pierres (cad. B 223) : classement par liste de 1889
Personnages clés
| Marquis de la Ryanderie - Archéologue amateur |
Fouilles du menhir en 1784 |
| L. Quarré-Reybourbon - Auteur d'une étude (1896) |
Documentation des mégalithes du Nord |
| Léon Desailly - Préhistorien |
Étude sur les mégalithes (1923) |
Origine et histoire
Le menhir dit La Pierre du Diable ou La Borne des Pierres est un monument mégalithique situé à Lécluse, dans le département du Nord (région Hauts-de-France). Daté de la Protohistoire, il est classé au titre des monuments historiques depuis le 18 avril 1914. Ce bloc de pierre, partiellement enterré, aurait été renversé et brisé en deux parties en 1918 par les Allemands pendant la Première Guerre mondiale. Lors de sa chute, les observations révélèrent qu’il n’était enfoncé que d’environ 1 mètre dans le sol, alors que des récits antérieurs (comme ceux du marquis de la Ryanderie en 1784) évoquaient une profondeur de 4 à 5 mètres.
Son nom populaire, Pierre du Diable, proviendrait soit d’une éraflure sur la pierre attribuée aux griffes du diable, soit d’une interprétation fantaisiste d’une gravure perçue comme une représentation diabolique. Ces légendes reflètent les croyances superstitieuses associées aux mégalithes, souvent perçus comme des lieux mystérieux ou maléfiques par les populations locales.
Les fouilles et études menées au XIXe et XXe siècles, notamment par L. Quarré-Reybourbon (1896) et Léon Desailly (1923), ont contribué à documenter ce menhir dans le contexte plus large des sites mégalithiques du Nord-Pas-de-Calais. Propriété de la commune de Lécluse, il reste un témoignage matériel des pratiques et des cultures de la Protohistoire dans cette région.
Le menhir illustre également les bouleversements historiques subis par le patrimoine pendant les conflits. Son renversement en 1918, lié à la Première Guerre mondiale, a non seulement endommagé le monument, mais a aussi permis de révéler des informations archéologiques inédites sur son ancrage originel. Ces données contrastent avec les descriptions anciennes, soulignant l’évolution des méthodes d’étude et la relativité des sources historiques.
Aujourd’hui, la Pierre du Diable continue de susciter l’intérêt pour son double héritage : à la fois vestige protohistorique et symbole des récits folkloriques locaux. Son classement parmi les monuments historiques en fait un élément protégé du patrimoine régional, tout en interrogeant sur les usages et les significations passées de tels édifices dans les sociétés anciennes.