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Menhir dit Le But de Gargantua et dolmen dit Le Berceau à Maintenon dans l'Eure-et-Loir

Patrimoine classé Patrimoine Celtique Menhirs

Menhir dit Le But de Gargantua et dolmen dit Le Berceau

    39-41 Rue des Dolmens
    28130 Saint-Piat
Propriété privée
Menhir dit Le But de Gargantua et dolmen dit Le Berceau
Menhir dit Le But de Gargantua et dolmen dit Le Berceau
Crédit photo : Le Passant - Sous licence Creative Commons

Frise chronologique

Néolithique
Âge du Bronze
Âge du Fer
Antiquité
XIXe siècle
Époque contemporaine
4100 av. J.-C.
4000 av. J.-C.
3900 av. J.-C.
3500 av. J.-C.
3400 av. J.-C.
100 av. J.-C.
1900
2000
3770–4498 av. J.-C.
Utilisation dolmen Petit
4500–3500 av. J.-C.
Édification des mégalithes
4350–2600 av. J.-C.
Transformation du site
2500 av. J.-C.
Abandon définitif
Ier siècle av. J.-C.
Réoccupation gauloise
1974
Classement Monument Historique
Aujourd'hui
Aujourd'hui

Patrimoine classé

Menhir dit Le But de Gargantua et dolmen dit Le Berceau (cad. AL 170) : classement par arrêté du 23 octobre 1974

Personnages clés

Léon Petit - Fouilleur et agriculteur Découvre le dolmen Petit en 1924.
Michel Souty - Archéologue Sondages en 1975–1976.
Dominique Jagu - Archéologue Fouilles systématiques depuis 1983.
Yves Chevalier - Préhistorien Étude des gravures (1972).

Origine et histoire

Le site mégalithique de Changé, à la limite de Saint-Piat et Maintenon (Eure-et-Loir), est une nécropole néolithique composée de quatre monuments : trois dolmens (la Grenouille, Petit, le Berceau) et un menhir (le But de Gargantua), alignés sur un axe est-ouest. Fouillé dès 1924 par Léon Petit, puis étudié par Michel Souty (1975) et Dominique Jagu (à partir de 1983), il révèle une occupation continue entre 4500 et 2500 av. J.-C. Les analyses montrent que le site était une presqu’île à la confluence de l’Eure et d’un affluent, les matériaux (grès, calcaire) étant extraits localement.

Les dolmens Petit et du Berceau illustrent des usages distincts : le premier, semi-circulaire et recouvert d’un cairn, abritait une douzaine de squelettes (dont un avec un collier de canines de renard), datés entre 3770 et 4498 av. J.-C. Le Berceau, couvert d’une dalle de 30 tonnes, présente des gravures de haches et d’idoles sur ses orthostates, suggérant un rôle cérémoniel plutôt que funéraire. Après 100-200 ans, le site est transformé : le cairn du dolmen Petit est démonté pour former un cercle de pierres, un fossé est creusé, et sa table de couverture est dressée en menhir.

Une troisième phase marque l’abandon définitif vers 2500 av. J.-C. : la dalle du dolmen Petit est renversée, un pilier du Berceau est retiré (brisant sa table en deux), et l’ensemble est recouvert d’un tumulus de 30 m de diamètre. Le site est réoccupé à l’Âge du bronze par les Gaulois (traces de fanums et fossés), puis au Ve–VIe siècle par les Mérovingiens, qui y installent une nécropole de 100 tombes dans le tumulus. Au Moyen Âge, une carrière de sable et gravier est exploitée à proximité.

Les fouilles ont révélé des artefacts remarquables : outils en silex (atelier de taille attesté), poteries chasséennes, ossements d’animaux (chiens, porcs), et monnaies gauloises de La Tène D. Les gravures du Berceau, étudiées par Yves Chevalier (1972), et les datations au carbone 14 (notamment entre 4350 et 2600 av. J.-C. pour le fossé) confirment l’importance rituelle et symbolique du site, unique en Eure-et-Loir par sa concentration de mégalithes.

Classé Monument Historique en 1974 pour le But de Gargantua et le Berceau, le site bénéficie de méthodes d’étude innovantes (photos aériennes, prospections électromagnétiques) qui ont permis de reconstituer son environnement passé. Les travaux de Dominique Jagu (1998) soulignent sa double vocation, à la fois sépulcrale et cultuelle, ainsi que ses réutilisations successives, reflétant 6 000 ans d’histoire locale, du Néolithique aux Mérovingiens.

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