Frise chronologique
1541
Premières traces d'exploitation
Premières traces d'exploitation
1541 (≈ 1541)
Site carbonifère mentionné pour la première fois.
1743
Modernisation par René de Mailly
Modernisation par René de Mailly
1743 (≈ 1743)
Privilège royal obtenu pour l'extraction.
1806
Concession de la Tranchée
Concession de la Tranchée
1806 (≈ 1806)
Attribution officielle de la concession minière.
1822
Installation machine à vapeur
Installation machine à vapeur
1822 (≈ 1822)
Mécanisation du treuil et pompage.
1874-1875
Construction du chevalement
Construction du chevalement
1874-1875 (≈ 1875)
Œuvre de l'architecte Edmond Heusschen.
1891
Pic de production
Pic de production
1891 (≈ 1891)
16 206 tonnes de charbon extraites.
1892
Fermeture définitive
Fermeture définitive
1892 (≈ 1892)
Fin de l'extraction et production.
2004
Inscription monument historique
Inscription monument historique
2004 (≈ 2004)
Protection du site entier.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Les éléments suivants composant l'ensemble du grand chevalement minier (cf plan annexé à l'arrêté) : le chevalement de l'ancienne mine de charbon (avec le local de la machine à vapeur et le logement du mécanicien) ; les fours à chaux ; le terrain d'assiette de l'ensemble (cad. AM 88 : partie du terrain d'assiette du site, 89 : chevalement, 91 : local de la machine à vapeur et logement du mécanicien, 285 : partie du terrain d'assiette du site, 294 : batterie des sept fours à chaux) : inscription par arrêté du 1er mars 2004
Personnages clés
| René de Mailly - Seigneur de Montjean et baron |
Modernisa l'extraction en 1743. |
| Edmond Heusschen - Architecte belge |
Conçut le chevalement en 1874-1875. |
Origine et histoire
La mine de charbon de la Tranchée, située à Montjean-sur-Loire (actuelle commune déléguée de Mauges-sur-Loire), est exploitée jusqu’à la fin du XIXe siècle. Le site comprend un puits de 185 mètres de profondeur, un chevalement en maçonnerie de 32 mètres construit en 1874-1875, ainsi que sept fours à chaux et une machine à vapeur de Watt. Ce complexe minier et industriel, inscrit aux monuments historiques en 2004, illustre l’activité carbonifère et chaufournière de la région.
L’exploitation du charbon dans le bassin houiller de Basse-Loire remonte au moins à 1541, avec une modernisation en 1743 sous l’impulsion du baron René de Mailly, seigneur de Montjean, qui obtient un privilège royal. La concession de la Tranchée est officiellement accordée en 1806, et le puits est creusé avant 1839 par la Compagnie minière d’Evain. L’apogée de la production est atteint en 1891 avec 16 206 tonnes extraites, avant la fermeture définitive en 1892.
Le chevalement, conçu par l’architecte belge Edmond Heusschen, est le plus massif des treize encore existants en France. Il abritait un système de remontée motorisé par une machine à vapeur, tandis que les fours à chaux, alimentés directement par le charbon extrait, transformaient la pierre calcaire locale. Le site, situé en rive gauche de la Loire, témoigne de l’intégration des activités minières, industrielles et fluviales au XIXe siècle.
Le gisement exploité appartient géologiquement au Namurien (-325 à -315 millions d’années) et au Stéphanien (-307 à -299 millions d’années), dans le sillon houiller de Basse-Loire. La mine de la Tranchée fait partie des 11 concessions du bassin, avec une production totale estimée à 500 000 tonnes de charbon. Son inscription en 2004 couvre le chevalement, les fours, la machine à vapeur et le terrain d’assiette.
Les éléments protégés incluent également le logement du mécanicien et le quai sur la Loire, reflétant l’organisation spatiale d’un site industriel complet. Les fours, construits en 1875, forment un bâtiment pyramidal tronqué, tandis que la machine à vapeur, installée en 1822, servait aussi au pompage des eaux d’infiltration. Ce patrimoine technique et architectural est aujourd’hui un témoignage rare de l’ère industrielle en Anjou.