Crédit photo : Jérémy-Günther-Heinz Jähnick (1988–) Descriptionph - Sous licence Creative Commons
Frise chronologique
3 juillet 1860
Début des travaux
Début des travaux
3 juillet 1860 (≈ 1860)
Creusement du puits initial sans machine.
Septembre 1863
Mise en exploitation
Mise en exploitation
Septembre 1863 (≈ 1863)
Atteinte du terrain houiller à 151,95 m.
1868
Explosion mortelle
Explosion mortelle
1868 (≈ 1868)
Quatre mineurs tués par le grisou.
1937
Décision de concentration
Décision de concentration
1937 (≈ 1937)
La fosse n°2 devient siège central.
1946
Nationalisation
Nationalisation
1946 (≈ 1946)
Intégration au Groupe d’Oignies.
1976
Fin de l’extraction
Fin de l’extraction
1976 (≈ 1976)
Fermeture définitive du site.
30 juin 2012
Classement UNESCO
Classement UNESCO
30 juin 2012 (≈ 2012)
Patrimoine mondial avec 108 autres sites.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Le bâtiment de la machine d'extraction de l'ancienne fosse n° 2 de la Compagnie des Mines d'Ostricourt avec l'ensemble de son dispositif technique (machine à vapeur et pont roulant) , en totalité (cad. AD 442) : classement par arrêté du 9 novembre 2009
Personnages clés
| Henri Charvet - Administrateur de la compagnie |
Fosse nommée en son honneur. |
Origine et histoire
La fosse n°2 dite Henri Charvet, exploitée par la Compagnie des mines d'Ostricourt, fut creusée à partir du 3 juillet 1860 à Oignies, dans le bassin minier du Nord-Pas-de-Calais. Les travaux débutèrent sans machine d’épuisement, mais les venues d’eau importantes (jusqu’à 3 900 hectolitres/heure) imposèrent l’installation de pompes successives, dont une machine de 200 chevaux. Le terrain houiller fut atteint à 151,95 mètres en 1863, permettant l’exploitation de neuf couches de charbon, dont deux particulièrement productives (n°6 et n°9). La fosse, nommée en hommage à l’administrateur Henri Charvet, fut modernisée au fil des décennies, avec un cuvelage renforcé en 1870 et 1890 pour contrer les fuites.
Détruite pendant la Première Guerre mondiale, la fosse n°2 fut désignée en 1937 comme siège de concentration pour la compagnie, entraînant son élargissement à 5,30 mètres de diamètre. Les travaux, ralentis par la Seconde Guerre mondiale, ne s’achevèrent qu’en 1950, après la nationalisation de 1946 et l’intégration au Groupe d’Oignies. Une machine à vapeur puissante et un chevalement de 55 mètres furent installés, tandis que des cités minières (comme la cité 1940 ou la Faisanderie) et des infrastructures (lavoirs, ateliers) se développèrent autour du site. La production cessa en 1976, suivie du comblement du puits et de la destruction partielle des installations.
Au XXIe siècle, le site fut partiellement préservé : le bâtiment de la machine d’extraction (classé en 2009) et la mine-image (inscrite en 2009), un espace pédagogique souterrain, subsistent. Les terrils n°115 et 115A, ainsi que les cités minières et leur église Saint-Henri, furent classés au patrimoine mondial de l’UNESCO en 2012, témoignant de l’héritage industriel et social du bassin minier. Les inspections annuelles du BRGM et la matérialisation de la tête de puits par Charbonnages de France assurent une trace durable de ce passé.
Trois terrils marquent le paysage : le n°115 (téléphérique, partiellement exploité), le n°115A (boisé, abritant la mine-image), et le n°247 (cavalier disparu). Les cités minières, comme la Faisanderie ou la cité pavillonnaire 1940, illustrent l’urbanisme social lié à l’exploitation charbonnière. Leur rénovation au XXIe siècle et leur classement à l’UNESCO soulignent leur valeur patrimoniale, aux côtés des vestiges techniques comme la salle des machines ou les bains-douches.
L’histoire de la fosse n°2 reflète les défis techniques (venues d’eau, grisou, explosions comme celle de 1868) et les mutations économiques (concentration, nationalisation, fermeture). Son évolution, des tonneaux aux berlines de 2 700 litres, puis à l’arrêt définitif en 1976, incarne le déclin de l’ère charbonnière en France. Aujourd’hui, le site, entre mémoire industrielle et reconversion, reste un jalon clé du patrimoine des Hauts-de-France.